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Faits divers – Justice

Enlèvement de Tizio : "Je savais que c'était extrêmement risqué, je voulais le protéger", explique le père de l'enfant

jeudi 30 août 2018 à 19:39 Par Julien Corbière, France Bleu Occitanie et France Bleu

Sept mois après avoir enlevé son fils à l'hôpital Purpan de Toulouse, Brendan a accepté de s'exprimer pour Radio France. Le père de Tizio regrette son geste, mais il explique pourquoi il l'a fait dans l'intérêt de Tizio, et comment il s'est organisé pour lui prodiguer tous les soins nécessaires.

L'entrée du service enfant au CHU Purpan de Toulouse
L'entrée du service enfant au CHU Purpan de Toulouse © Maxppp -

Toulouse, France

Le 6 janvier dernier, Brendan enlevait Tizio, son bébé de deux mois, au CHU Purpan de Toulouse. Le nourrisson est atteint d'une maladie congénitale qui affecte notamment ses capacités respiratoires, et son père est parti avec lui parce qu'il avait l'impression qu'on ne s'occupait pas bien de son fils.

Après déclenchement de l'Alerte enlèvement, le bébé avait été retrouvé avec son père dans l'Aude au bout de 24 heures. L'enfant est aujourd'hui accueilli dans une structure spécialisée de l'agglomération de Toulouse. Brendan, qui sera jugé dans quelques mois, s'exprime au micro franceinfo de notre collègue Sébastien Baer. Et explique comment il a organisé son geste. Interview.

Sébastien Baer : Pourquoi avez-vous décidé, ce 6 janvier 2018, d’enlever votre fils au CHU de Toulouse ?
 

Brendan : Ce que je ressentais, ce qui a été le déclencheur dans l’acte déraisonné de partir avec lui, c’est que j’avais l’impression que personne ne voulait s’occuper de lui. J’ai senti qu’il était en danger. La seule solution que j’avais, c’était de partir, de m’extraire avec lui de l’hôpital. Ca m’a paru la seule issue.

Le père de Tizio, au micro de franceinfo

A ce moment là vous êtes en désaccord avec les choix de l’hôpital ?
 

J’ai surtout le sentiment qu’on n'agit pas dans son intérêt. Moi je suis à côté de lui, j’ai l’impression que son cas est difficile pour les médecins, pour les parents, pour tout le monde. A ce moment là je voudrais que ce soit possible de discuter des choix thérapeutiques difficiles que l’on fait pour lui, des choix qui le concernent directement.

Avec-vous eu le sentiment de mettre votre fils en danger de mort, comme cela a été dit lors de l’avis de recherche ?

J’avais conscience que c’était extrêmement risqué. J’ai passé une après-midi à préparer le matériel dont j’avais besoin, à réfléchir à comment j’allais faire. Je savais que c’était extrêmement risqué pour lui, qu’au moindre changement de couleur de sa peau ou de ses ongles qui aurait montré un manque d’oxygène, il fallait se diriger vers l’hôpital le plus proche.

Comment avez-vous réagi au déclenchement de l’alerte enlèvement ?

Je n’aurais jamais imaginé que ça prenne une telle ampleur. J’étais dans la démarche de le protéger, de m’occuper de lui, de faire au mieux les soins dont il avait besoin. Je n’ai pas pensé qu’on déclencherait une alerte enlèvement et autant de recherches. J’ai été surpris de ça.

Comment vous êtes-vous occupé de lui pendant toutes ces heures ?

Il était nourri par une sonde naso-gastrique. Du coup je lui donnais son lait toutes les trois heures. Il avait la même quantité qu’à l’hôpital. Au lieu d’une pompe, c’était à la seringue dans la sonde comme ils avaient fait en néo-natologie au tout début. Il avait besoin régulièrement de désencombrer ses poumons des sécrétions. Je faisais régulièrement des massages au niveau des poumons pour que les sécrétions remontent, des aspiration comme à l’hôpital pour maintenir ses poumons en état de fonctionnement.

Avec le recul est-ce que vous regrettez ?

Avec le recul je regrette d’avoir agi comme ça. Mais je n’avais pas d’autres solutions à ce moment-là. Si je devais revivre une situation comme ça, je sais que c’est par la parole que ça se dénoue. Mais dans la situation dans laquelle j’étais, il m’aurait fallu remuer beaucoup de chose… je n’en étais pas capable à ce moment là.