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Enquête pour trafic d'influence : Nicolas Sarkozy et son avocat étaient sur écoute

Par Thibaut Lehut, France Bleu vendredi 7 mars 2014 à 12:50 Mis à jour le vendredi 7 mars 2014 à 18:03

Nicolas Sarkozy était placé sur écoute dans le cadre de l'affaire sur le financement présumé occulte de sa campagne de 2007
Nicolas Sarkozy était placé sur écoute dans le cadre de l'affaire sur le financement présumé occulte de sa campagne de 2007 © Maxppp

Nicolas Sarkozy et Me Thierry Herzog ont fait l'objet d'écoutes téléphoniques. C'est ce qui a provoqué l'ouverture d'une nouvelle enquête pour "trafic d'influence" et "violation du secret de l'instruction" le 26 février, affirment Le Monde et l'AFP ce vendredi, confirmant une information révélée par Mediapart jeudi.

Mardi, les domiciles et bureaux de l'avocat de Nicolas Sarkozy, Me Thierry Herzog, étaient perquisitionnés. Idem pour ceux d'un haut magistrat de la Cour de cassation, Gilbert Azibert. Des actions menées par la police dans le cadre d'une enquête judiciaire lancée le 26 février pour "trafic d'influence" et "violation du secret de l'instruction". Comment et pourquoi cette nouvelle enquête a été lancée par la justice ?

Des écoutes à l'effet "ricochet"

Selon Mediapart, Le Monde et l'AFP, l'ancien chef de l'Etat et son avocat avaient été placés sur écoute téléphonique dans le cadre d'une première enquête . Cette dernière, toujours en cours, porte sur les soupçons de financement de la campagne présidentielle de 2007 par la Libye de Mouammar Kadhafi. Mais au cours d'une conversation entre les deux hommes, un nom est prononcé. Celui d'un haut magistrat du parquet général de la Cour de cassation : Gilbert Azibert .

Gilbert Azibert, en 2002 - Maxppp
Gilbert Azibert, en 2002 © Maxppp
Le Monde affirme que Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog entrent en contact avec ce dernier pour bénéficier de renseignements sur l'avancée d'une deuxième enquête , l'affaire Bettencourt. La Cour de cassation doit en effet dire le 11 mars si elle valide ou non la procédure, et notamment si elle accepte de rendre à l'ex-chef de l'Etat ses agendas présidentiels, saisis par les magistrats. Certains des rendez-vous qui y figurent sont venus alimenter les suspicions dans une troisième enquête , l'affaire Tapie, et Nicolas Sarkozy aimerait donc bien les récupérer. En échange d'informations sur le sort réservé aux agendas, Le Monde explique que l'ancien Président et Thierry Herzog envisagent d'activer leurs réseaux pour aider le magistrat à obtenir un poste à Monaco. C'est ce que révèlent les enregistrements, soutient le journal.

Me Herzog : "Il s'agit d'une affaire politique"

Ces conversations téléphoniques entraînent du coup l'ouverture d'une quatrième enquête par le nouveau parquet national financier, le 26 février dernier. Cette fois-ci pour "trafic d'influence" et "violation du secret de l'instruction", à l'encontre des trois protagonistes. D'où les perquisitions menées le mardi 4 mars et évoquées précédemment.Interrogé par Le Monde ce vendredi, l'avocat de Nicolas Sarkozy nie et dénonce "un scandale d'Etat, mais pas au sens où on l'entend". "Pourquoi aurait-on tenté d'influencer la justice ?", interroge-t-il. "Je rappelle que l'affaire Bettencourt est terminée pour Nicolas Sarkozy, il a bénéficié  d'un non-lieu. Je démontrerai le moment venu qu'il s'agit d'une affaire politique", a-t-il promis.

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