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Dossier : Attentat de Conflans-Sainte-Honorine

Attentat de Conflans : 2 000 personnes rendent hommage à Samuel Paty à Pau, 500 à Tarbes

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Par , France Bleu Béarn Bigorre

Des hommages à Samuel Paty, professeur d'Histoire-géographie tué dans les Yvelines après avoir montré des caricatures de Mahomet pendant un cours sur la liberté d'expression, avaient lieu ce dimanche en Béarn et en Bigorre. 2 000 personnes rassemblées à Pau, 500 à Tarbes, 300 à Orthez.

Près de 2 000 personnes rendaient hommage à Samuel Paty à Pau ce dimanche après-midi.
Près de 2 000 personnes rendaient hommage à Samuel Paty à Pau ce dimanche après-midi. © Radio France - Manon Claverie

Après la minute de silence, les applaudissements ont duré longtemps, à Pau (Pyrénées-Atlantiques) place Clemenceau, où près de 2 000 personnes étaient rassemblées ce dimanche après-midi à l'appel d'une intersyndicale FSU, UNSA Education, FNEC/FO, CGT Educ'action, Sud Education et FCPE, pour rendre hommage à Samuel Paty. Le professeur d'Histoire-géographie a été assassiné et décapité à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) ce vendredi, après avoir montré pendant un cours d'enseignement moral et civique (EMC, rattaché à l'Histoire-géo) sur la liberté d'expression, des caricatures de Mahomet faites par le magazine Charlie Hebdo. 

Ma première réaction, ça a été de me dire « ça aurait pu être moi ». Je sais qu'en tant que prof d'EMC on dit des choses qui vont parfois à l'encontre de ce qui est dit dans le milieu familial. Mais c'est notre mission : ouvrir les esprits de nos élèves. Est-ce qu'il va falloir s'autocensurer ? Cela fait peur.                      
Anne-Sophie Maes, enseignante. 

À Tarbes (Hautes-Pyrénées) près de 500 personnes étaient réunies devant l'Inspection académique ce dimanche matin à 11 heures, à l'appel d'une intersyndicale SE-UNSA, CFDT, CGT et FSU. À Orthez (Pyrénées-Atlantiques) où le maire Emmanuel Hanon avait appelé à un rassemblement, ils étaient 300. 

À Tarbes, 500 personnes se sont réunies devant l'Inspection académique ce dimanche matin.
À Tarbes, 500 personnes se sont réunies devant l'Inspection académique ce dimanche matin. © Radio France - Éric Bentahar

Dans le cortège palois, Anne-Sophie Maes était particulièrement touchée. Elle enseigne la même matière que son collègue des Yvelines assassiné. "Ma première réaction, ça a été de me dire « ça aurait pu être moi ». Je me suis vue à la place de cet homme. Le cours d'EMC est un espace de liberté. Je sais qu'en tant que prof d'EMC on dit des choses qui vont parfois à l'encontre de ce qui est dit dans le milieu familial. Mais c'est notre mission : ouvrir les esprits de nos élèves. Est-ce qu'il va falloir s'autocensurer ? Cela fait peur, confie-t-elle avant de poursuivre : On devient tous des cibles potentielles et pourtant les élèves ont besoin de nous. Surtout ceux qui entendent dans leur famille des discours anti-républicains." 

Anne-Sophie Maes, prof d'Histoire-géographie, s'identifie totalement à son collègue assassiné.

Échanger avec les élèves, recueillir leur parole, ne surtout pas rompre la communication.

Profs de collège, de lycée, des écoles, personnalités politiques, citoyens... tous étaient "abasourdis", "horrifiés", "sidérés", "tristes", "démunis". Christophe Izard, enseignant à Orthez, se souvient avoir fait un exercice de simulation d'attentat, avec les élèves, quelques jours avant le drame, "en ricanant" parce que loin de s'imaginer que "quelques jours plus tard, un collègue se ferait couper en deux". Même chose pour Pierre Laporte, professeur des écoles, qui avait montré à ses élèves un dessin du 7 janvier 2015 - date des attentats contre Charlie Hebdo - de crayon brisé dont la mine était à nouveau aiguisée, "pour leur expliquer que la liberté d'expression ne s'arrête pas, ne peut pas être condamnée par un attentat." 

Les enseignants rassemblés à Pau très touchés par ce drame.

Les personnes rassemblées étaient unanimes : "Il faut faire bloc, rester soudés et continuer d'avancer. Échanger avec les élèves, recueillir leur parole, ne surtout pas rompre la communication." Certains attendent du gouvernement des "actions fortes, pour être protégés". Beaucoup attendent la rentrée pour reparler de cet assassinat, de la liberté d'expression, de la laïcité, avec leurs élèves. 

Près de 2 000 personnes rendaient hommage à Samuel Paty à Pau ce dimanche après-midi.
Près de 2 000 personnes rendaient hommage à Samuel Paty à Pau ce dimanche après-midi. © Radio France - Manon Claverie
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