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Entre colère et désespoir, le cri des producteurs varois d'eucalyptus après de nouveaux vols ce week-end

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Par , France Bleu Provence

De nouveaux vols d'eucalyptus ont été perpétrés ce week-end dans le massif de Tanneron, provoquant l'exaspération et la colère des producteurs, victimes de la double peine. Ils doivent faire face à des filières très organisées en provenance d'Italie

Une parcelle d'Eucalyptus dévastée à Tanneron après le passage des arracheurs
Une parcelle d'Eucalyptus dévastée à Tanneron après le passage des arracheurs - Syndicat local des agriculteurs de Tanneron

L'interpellation en flagrant délit ce week-end à Tanneron d'un individu entrain d'arracher illégalement des branches d'eucalyptus dans la parcelle d'un producteur plonge une nouvelle fois dans l'angoisse et la colère toute une profession, forte de 70 producteurs dans le Var, confrontée à des filières organisées en provenance d'Italie.

Ce week-end, c'est un signalement des chasseurs et la réactivité des gendarmes de la brigade de Fayence qui a permis l'interpellation d'un individu, son complice ayant réussi à prendre la fuite. "Ce sont des filières très organisées en Italie composées de coupeurs d'origine étrangère, qui s'adaptent. Les années passées, les petites mains avaient tendance à intervenir la nuit.

Mais désormais, ils n'hésitent plus à opérer en plein jour, dans des parcelles isolées, et donc non visibles facilement. Ils sont capables de ramener jusqu'à deux tonnes de marchandises dans leur véhicule " détaille le chef d'escadron Stéphane Calimé, commandant la compagnie de gendarmerie de Draguignan

La double peine

Et à chaque fois, après le passage de ces arracheurs, c'est le même constat de désolation. "Nos parcelles sont dévastées car ils saccagent tout. Cela prend un temps considérable à remettre en état. Et pour certaines espèces, il faudra attendre trois ans pour récolter de nouveau. Alors, on fait l'entretien, on met de l'engrais, on arrose et au bout de trois ans, on se fait de nouveau voler" explique Roland Lèze, le président du syndicat local des agriculteurs de Tanneron.

Une double peine en somme pour ces hommes et ces femmes qui sont privés de leur production sur la parcelle attaquée, et qui en plus ne pourront pas bénéficier des retombées de leur travail les années suivantes.

Une convention signée

Une dizaine de faits a été recensé en 2019 mais ça ne reflète pas la réalité car ils ne donnent pas tous lieux à une plainte. Face à ce phénomène qui perdure et qui aurait même tendance à s'amplifier ces dernières années, les autorités se sont mises autour d'une table en 2019 et ont signé une convention tripartite regroupant les producteurs, la commune et l'Etat (Préfecture, Gendarmerie et Justice) afin d'apporter des solutions. "Le but de cette convention est de mieux se connaître, de créer un réseau de gens concernés par cette problématique. Nous pouvons alerté les producteurs sur certaines évolutions. Eux nous font remonter des informations du terrain. Pour avoir une action préventive, et répressive quand des éléments ou des signaux faibles commencent à apparaître" résume le chef d'escadron Calimé.

"Il faut plus de moyens"

Un premier pas. Mais il faudrait aller plus loin. "Le phénomène perdure parce qu'il n'y a pas de réponse pénale suffisamment forte pour pouvoir dissuader les voleurs. Et l'absence d'enquêtes de gendarmerie qui remonterait la totalité de la filière. On a des gendarmes qui veulent nous aider, ils sont conscients du problème.

Mais seulement, on ne leur donne pas les moyens d'agir. Notre problème est situé de l'autre côté de la frontière, en Italie, où des gens exploitent la misère humaine pour commettre leur vol.  Et cette source de main d'œuvre est quasiment inépuisable" analyse Roland Lèze. 

Un drame

L'individu qui a été interpellé ce week-end a été jugé en comparution immédiate ce mardi devant le Tribunal correctionnel de Draguignan. Il a été condamné à six mois de prison avec sursis et 6.000 euros d'amende. Un autre individu interpellé quelques jours après le premier a lui aussi été condamné à six mois d'emprisonnement avec sursis par la même juridiction.

"Moi ce que je redoute, c'est qu'un agriculteur se fasse justice lui-même. C'est l'accident aussi, car lors du dernier vol, un agriculteur a failli se faire renverser par le véhicule des voleurs, parce qu'on essaye de les bloquer régulièrement, et on se met en danger" conclut le Président du syndical local des agriculteurs de Tanneron.

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