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Faits divers – Justice

Environ 150 personnes réunies jeudi à Dunkerque pour réclamer un procès pénal de l'amiante

vendredi 12 janvier 2018 à 7:04 Par Margot Delpierre, France Bleu Nord et France Bleu

Pour la première fois, l'Ardeva a organisé jeudi son rassemblement sur le parvis des Droits-de-l'Homme en face de la Communauté urbaine de Dunkerque, et non devant le tribunal. Veufs, veuves, victimes de l'amiante : 150 personnes environ étaient présentes.

De nombreuses veuves tiennent des pancartes "Mort à l'amiante"
De nombreuses veuves tiennent des pancartes "Mort à l'amiante" © Radio France - Margot Delpierre

Dunkerque, France

Alors que les victimes de l'amiante et leurs proches attendent depuis plus de vingt ans un procès pénal, plusieurs étaient réunis jeudi soir en face de la Communauté urbaine de Dunkerque.

Malgré les revers juridiques essuyés cet automne, Pierre Pluta le président de l'Ardeva (l'association régionale de défense des victimes de l'amiante) était déterminé et soutenu, dans le froid et le brouillard, par environ 150 personnes dans sa bataille pour la tenue d'un procès pénal.

Dans la foule, nombreuses étaient les femmes dont les maris ont travaillé dans les chantiers navals. Les veuves étaient au premier rang pour écouter le discours du président.

Des veuves en première ligne

Marjorie, retraitée de l'amiante, a travaillé avec son mari chez Normed. Lui a été contaminé. Il est mort il y a dix ans, à l'âge de 53 ans. "En sa mémoire je suis là, je lutte à sa place". Depuis, Marjorie se bat aux côtés d'autres veuves. "On a fait un noyau dur. On se soutient, on se retrouve tous les mois. Il n'y a qu'entre nous qu'on puisse se comprendre". 

Près d'elle, Rosalba reste droite malgré sa tristesse. Elle a perdu son mari il y a presque onze ans d'un cancer broncho-pulmonaire. Rosalba s'est fait elle aussi une frayeur l'été dernier, elle toussait beaucoup : "Le radiologue me dit, je ne comprends pas que vous fassiez un scanner, vous n'avez pas travaillé dans l'amiante. Mais moi j'ai lavé des bleus de travail, je les ai secoué moi ces trucs-là ! Dans la baignoire quand il se lavait, il y avait une pellicule toute blanche sur les bords. Il n'y a que nous qui savons des choses comme ça", soupire Rosalba.

Après la mort de son mari Rosalba n'a pas voulu être indemnisée, puis elle a changé d'avis. Mais les démarches pour faire reconnaître la faute inexcusable de l'employeur doivent se faire dans un délai de deux ans. Rosalba a trop attendu : sa demande a été rejetée.

Elle s'est donc tournée vers le Fiva, le fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante créé par l'Etat, qui lui a accordé une somme. Si Rosalba avait pu aller au bout de sa procédure au tribunal, elle n'aurait peut être pas récupéré grand chose. "Lorsque l'on a démarré les procédures pour faute inexcusable de l'employeur, pour 5% de taux d'incapacité, on touchait environ 40.000 euros. Aujourd'hui, c'est 10.000 ou 12.000 euros. C'est dérisoire", s'agace Pierre Pluta.

Dérisoire pour les veuves et les veufs, toujours plus nombreux dans le Nord-Pas-de-Calais. Ils étaient 53 en 2003 et 140 en 2004. Ils sont aujourd'hui près de 700.