Faits divers – Justice

Épidémie de grippe : comment le CHU de Grenoble s'adapte pour absorber l'afflux de malades

Par Mathilde Riboulleau et Virginie Salanson, France Bleu Isère lundi 16 janvier 2017 à 19:06

© Maxppp - Balfin Jean Pierre

Alors que l'épidémie de grippe dure depuis fin décembre 2016, le service des urgences du CHU de Grenoble, en Isère, est "sous tension". La période de grand froid prévue cette semaine, avec des températures glaciales, risque d'augmenter encore l'affluence de malades dans les hôpitaux.

Depuis l'arrivée de l'épidémie de grippe fin décembre, 1.612 décès ont été enregistrés, en France, selon l'Agence Santé publique France. Une hausse par rapport à la moyenne saisonnière, par conséquent les services funéraires et les urgences dans les hôpitaux sont submergés.

Les hôpitaux doivent s'adapter aux flux saisonniers", la directrice du CHU de Grenoble

Au CHU de Grenoble, la directrice, Jacqueline Hubert souligne : "on est sous tension depuis fin novembre, c'est-à-dire plus tôt que les autres, mais je crois que l'on a bien réglé les choses car nous avons une capacité d'adaptation". La meilleure solution serait, selon Jacqueline Hubert, de "travailler les flux saisonniers, on accueille beaucoup plus de population pendant les vacances scolaires, en hiver etc..." . À Grenoble, on "a l'habitude d'adapter nos capacités" détaille la directrice, "ce n'est peut-être pas le cas de tous". L'année dernière, l'hôpital de Grenoble a par exemple ouvert 24 lits d'unité post-urgence, "ils passent de 12 à 24 en fonction des besoins" et une nouvelle "unité de douze lits" vient d'ouvrir également cette année.

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Pour que cela fonctionne, reconnaît Jacqueline Hubert, il faut que les hôpitaux acceptent d'avoir des "locaux vacants" une partie de l'année et résistent à l'envie de les réaffecter. Il faut aussi, "avoir du personnel".

"On déconseille aux personnes de venir aux urgences si ce n'est pas une nécessité absolue", Jacqueline Hubert

Néanmoins, cette année l'épidémie est "particulièrement forte" déplore la directrice, invitée de France Bleu Isère ce lundi matin, à 7h45. Et si les urgences sont parfois débordées c'est aussi parce que les patients se déplacent dès le moindre symptôme. Jacqueline Hubert insiste sur le fait que "l'on fait face à des afflux massifs de population. On déconseille aux personnes de venir si ce n’est pas une nécessité. On voit arriver des malades qui (...) auraient très pu être soignés par la médecine de ville" souligne-t-elle.

La médecine de ville doit peut-être aussi répondre de façon un peu optimisée", la directrice du CHU de Grenoble

La médecine de ville doit peut-être aussi répondre de façon un peu optimisée" propose-t-elle. "Loin de moi l'idée de généraliser, mais il y a des choses pour lesquelles on a pas besoin d'aller aux urgences. C'est la population qui désorganise les urgences, et là, la personne de 90 ans qui doit passer vite, ça va peut-être un peu bouchonner".

↓ ÉCOUTER l'intégralité de l'interview de la directrice du CHU de Grenoble

L'invité du 16/10/17 Jacqueline Hubert, directrice générale du CHU de Grenoble, interviewé par Nicolas Crozel.

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