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Le ministre Eric Dupond-Moretti veut une justice "totalement filmée et diffusée"

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Par , France Bleu

Dans un grand entretien publié lundi dans Le Parisien, le garde des Sceaux Eric-Dupond-Moretti a déclaré qu'il souhaitait une justice "totalement filmée et diffusée" afin d'offrir une "garantie démocratique" aux Français. L'annonce a déjà réagir les syndicats de magistrats.

Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti s'est prononcé en faveur d'une justice "totalement filmée et diffusée"
Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti s'est prononcé en faveur d'une justice "totalement filmée et diffusée" © AFP - Alain JOCARD

Ce ne sont que quelques lignes dans l'entretien fleuve avec Eric Dupond-Moretti que publie ce lundi Le Parisien mais ce sont elles qui font déjà réagir. Le garde des Sceaux a annoncé qu'il souhaitait que la "justice soit désormais totalement filmée et diffusée". Précisant que la "justice doit se montrer aux Français. La publicité des débats est une garantie démocratique". 

Le ministre de la Justice a indiqué y "réfléchir" avec services et souhaiterait que ce projet voit le jour avant la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron. Eric Dupond-Moretti, interviewé par un panel de lecteurs du quotidien, a fait cette annonce en répondant à une question portant sur l'impression des Français que la "justice fonctionne à deux vitesses", et défavorablement pour les "personnes de couleur ou qui viennent de cités" contrairement aux "personnalités politiques ou les gens des beaux quartiers". 

Le ministre a répondu : "peut-être était-ce le cas il y a longtemps mais cela ne l'est plus", ajoutant que lorsqu'on "rentre au palais de justice et qu'on prête serment, on se rend compte à quel point c'est compliqué". Cette complexité justifiant son souhait de filmer et diffuser les procès. 

Un trop gros impact sur les victimes

S'il n'y a pas plus de précisions pour l'instant de la part du ministère, l'annonce a déjà fait réagir. Interrogé par franceinfo ce lundi, Joël Espel, premier vice-président du TGI de Créteil et délégué régional de l'Union syndicale des magistrats pour Paris, a estimé que "filmer les procès en direct influencerait beaucoup trop leur déroulement".

Le magistrat a qualifié l'idée "d'un peu surprenante, étrange". S'il reconnaît l'intérêt pédagogique de filmer certains procès ou la volonté de conserver des archives historiques, Joël Espel ne voit pas l'intérêt de filmer la "justice civile" ou la "justice sociale", celle "qui touche à l'intimité des relations dans un couple ou entre un salarié et son employeur". 

Pour Joël Espel, il faut éviter une "retransmission en direct, sans filtre" des procès. 

"Je crois que pour vraiment tenir compte de la souffrance de ce qui se passe à la barre aux audiences, l'idée même que cela puisse être filmé et retransmis en direct influencerait beaucoup trop le déroulement des procès"

Concluant que le pus difficile serait pour "certains témoins, de retrouver la parole, venir dire ce à quoi ils ont assisté, pareil pour les victimes, et le fait que ce soit totalement retransmis, à mon avis, aurait un trop gros impact sur les victimes".

En France, depuis 1954, la présence de caméras, micros, appareils photo en salle d'audience est interdite par la loi. L'enregistrement vidéo est toutefois autorisé depuis 1985, mais réservé à des procès à dimension historique avec une utilisation des images très restreintes, voire interdites pour le public avant plusieurs années. C'est le cas du procès des attentats contre Charlie Hebdo, actuellement filmé mais qui sera diffusé librement dans 50 ans.

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