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Éric Mathais : certains délais de justice "ne sont pas raisonnables, évidemment"

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Par , France Bleu Bourgogne

Éric Mathais, procureur de la République de Dijon, est l'invité de France Bleu pour évoquer la rentrée de la justice dans notre département, au moment où le garde des Sceaux Éric-Dupond-Moretti promet des moyens supplémentaires pour nos tribunaux.

Eric Mathais, le procureur de la république de Dijon, dans els locaux de France bleu Bourgogne
Eric Mathais, le procureur de la république de Dijon, dans els locaux de France bleu Bourgogne © Radio France - Arnaud Racapé

Si vous entamez une procédure de divorce en septembre 2020, armez-vous de patience. Car les délais sont longs, très longs, même. Eric Mathais le procureur de la République de Dijon le confirme, et l'explique au micro de France Bleu Bourgogne;

Délais à explications multiples

"Nous avions déjà avant la crise sanitaire des délais relativement importants. Il y a eu en fin d'année 2019 une grève des avocats très suivie à Dijon, qui a entraîné le renvoi d'un certain nombre de dossiers, et puis derrière, la crise sanitaire qui a entraîné le renvoi de 80-90% des dossiers. On a donc à l'heure actuelle des délais qui se sont allongés selon les matières de trois à cinq mois supplémentaires, qui s'ajoutent à des délais déjà importants. Aujourd'hui si je donne l'instruction à des policiers ou gendarmes de convoquer une personne devant le tribunal pour une audience normale, ce ne sera pas avant le mois de mai ou juin prochain. Ce n'est pas raisonnable, évidemment."

Des filières d'urgence pour plus d'efficacité

Derrière ce constat, se pose la question des moyens alloués à la justice en Côte-d'Or. D'après le bâtonnier de Dijon Stéphane Creusvaux, il manque au moins trois magistrats pour faire fonctionner la cité judiciaire. Vrai, là encore selon Éric Mathais, même si la priorité doit être de pourvoir les postes actuellement vacants au niveau du siège.

En déplacement à Dijon ce mercredi, le ministre de la justice Eric Dupond-Moretti promet des moyens. Et il le fait de manière intéressante pour le procureur de la république de Dijon : "Le ministre de la justice propose une démarche originale, il souhaite que l'on puisse faire des propositions concrètes de nouveaux dispositifs ou nouvelles organisations qui permettent de réduire ces délais. Par exemple pour le tribunal de Dijon, j'ai demandé un juriste assistant et un poste de catégorie B, qui permettraient de créer les filières d'urgence et de juger certains dossiers en quelques semaines. Si j'obtiens ces moyens supplémentaires tels que le ministre les annonce, ça me permettra d'améliorer sur certains points les délais."

Une justice efficace sur la délinquance

Alors dans ce contexte la justice est-elle véritablement rendue ? Oui, évidemment. Priorité est simplement donnée aux dossiers les plus importants, explique Eric Mathais, notamment en matière pénale. Aux Grésilles, quartier populaire traumatisé par les violences du début de l'été, le procureur explique avoir lancé un plan d'action au long cours pour lutter contre la délinquance. 

"Dans le cadre de ces événements à Dijon, on est à l'heure actuelle à une cinquantaine d'interpellations, avec des suites données dans 27 cas. Ce n'est pas rien. C'est un vrai travail de fond, qui se poursuit. Il est important de dire que la justice travaille, et il y a un travail d'ailleurs qu'on a entrepris à long terme avec la police. J'ai créé un groupe local de traitement de la délinquance (GLTD), qui a déjà débouché sur des opérations. Nous avons déjà saisi un certain nombre de choses, et ça va continuer. C'est important que ce quartier des Grésilles où il fait bon vivre globalement retrouve un équilibre." 

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