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Faits divers – Justice

Éric Mosser condamné à 20 ans de réclusion en appel pour le meurtre de sa femme

vendredi 29 juin 2018 à 22:00 Par Soizic Bour, France Bleu Alsace et France Bleu Elsass

Le verdict est tombé : Éric Mosser a été condamné à 20 ans de réclusion en appel par la cour d'assises du Bas-Rhin. Il a été reconnu coupable du meurtre de sa femme en septembre 2013 à Illfurth. Incarcéré en 2014, il a toujours nié être l'auteur des faits.

La salle d'audience était pleine lors du dernier jour du procès en appel d'Éric Mosser.
La salle d'audience était pleine lors du dernier jour du procès en appel d'Éric Mosser. © Radio France - Soizic Bour

Strasbourg, France

Acquittator n'aura pas su faire basculer les jurés en sa faveur : au dernier jour du procès en appel d'Éric Mosser, la plaidoirie d'une heure et demie de Maître Dupond-Moretti, son avocat, n'y a rien fait. Après plus de 6 heures de délibération, le verdict est sans appel : Éric Mosser est condamné à 20 ans de réclusion par la cour d'assises du Bas-Rhin, lors de son procès en appel à Strasbourg

Ne commettez pas une deuxième injustice en laissant ce crime impuni                                          
L'avocat général Robert Bartoletti

L'homme de 49 ans est reconnu coupable du meurtre de sa femme Isabelle Mosser, en septembre 2013 à Illfurth, retrouvée morte dans la maison familiale, tuée de 8 coups de couteau. 

L'avocat général avait requis la même peine à laquelle ce chauffagiste avait été condamné en première instance par la cour d'assises du Haut-Rhin, en 2017. "Cette femme est morte trop tôt, c'est une première injustice, je vous demande de ne pas en commettre une deuxième en laissant ce crime impuni", avait dit l'avocat général pendant ses réquisitoires. 

Les bancs étaient en partie occupés par des personnes venues en mémoire d'Isabelle, la victime, avec un petit cœur en mousse accroché sur leurs poitrines.  - Radio France
Les bancs étaient en partie occupés par des personnes venues en mémoire d'Isabelle, la victime, avec un petit cœur en mousse accroché sur leurs poitrines. © Radio France - Soizic Bour

"Acquitattor" sort de ses gonds, soulagement pour la famille

Au moment de l'annonce du verdict, Me Dupond-Moretti est sorti de ses gonds : "C'est honteux, c'est inadmissible", a-t-il crié, tourné vers l'avocat général. Il est ensuite tout de suite sorti de la salle, laissant son client seul dans le box, sans avocat, donc. L'audience civile n'a donc pas pu se tenir et elle a été renvoyée à une date ultérieure. Le président n'a pas manqué de condamner les méthodes de l'avocat. 

Du côté de la famille de la victime, c'est le soulagement. "C'est l'issue d'un long processus judiciaire", note Pierre Schultz, l'un des avocat des parties civiles. "C'était un dossier dont l'issue n'était pas prévisible, la cause est contestée il n'y avait pas de preuve décisive mais nous avons toujours prétendu que si l'on fait une analyse complète et objective de l'ensemble des éléments à charge, tout conduit à la culpabilité", ajoute-t-il.

Ce verdict est un grand soulagement pour la famille de la victime. - Radio France
Ce verdict est un grand soulagement pour la famille de la victime. © Radio France - Soizic Bour

Parole contre parole

Lors du procès, c'était parole contre parole, les avocats se sont livré un bras de fer sans merci : "il n'y a pas d'aveux mais il y a un dossier", a martelé Maitre Schultz qui représente la famille de la victime, ajoutant aux jurés : "votre intime conviction, vous allez devoir vous la forger comme un puzzle, et là, le visage d'Éric Mosser peut apparaître". 

ADN de l'accusé retrouvé sur le pantalon de la victime, retard dans son premier jour de travail le jour des faits, probable mise en scène d'un cambriolage, tous les éléments du dossier ont été passés en revue. Pendant sa plaidoirie, Maître Dupon-Moretti a dénoncé un "travail bâclé", "mal fait et surtout fait à l'arrache", pour lui "tout ce faisceau de preuves été construit artificiellement". 

C'est scandaleux de vouloir dénaturer un dossier comme ça

"On a le droit d'avoir des avis différents mais là c'est scandaleux de vouloir dénaturer un dossier comme ça", explique celui que l'on surnomme "Acquittator", et il ajoute : "Dés le début j'avais l'impression que la messe était dite". Juste avant la suspension de l'audience l'accusé s'est levé et simplement ajouté "Je n'ai pas tué ma femme, c'est tout ce que j'avais à dire"

Un procès très suivi

En tout, le procès aura duré 5 jours, avec 40 témoins et 10 experts qui se sont succédé à la barre. Pour le dernier jour, vendredi, la salle était pleine à craquer, certains ont dû rester dehors, faute de places. Certains étaient notamment venus pour écouter la plaidoirie de Maître Dupond-Moretti