Faits divers – Justice

Eric Raoult, maire du Raincy, soupçonné de harcèlement moral et sexuel

Par Thibaut Lehut, France Bleu mardi 18 mars 2014 à 17:58 Mis à jour le mardi 18 mars 2014 à 18:07

Eric Raoult, maire du Raincy
Eric Raoult, maire du Raincy © Maxppp

Une ancienne collaboratrice d'Eric Raoult a déposé une plainte en juillet 2012 pour harcèlement moral et sexuel, révèlent plusieurs médias ce mardi. Une enquête est ouverte.

L'affaire remonte à plusieurs années mais n'a été rendue publique que ce mardi. D'abord par Le Figaro, puis par l'AFP, qui a pu avoir confirmation auprès d'une source judiciaire. Une plainte a en effet été déposée en juillet 2012 auprès de la gendarmerie par Agnès D., 33 ans, pour harcèlement moral et sexuel. L'élu visé est Eric Raoult, maire (UMP) du Raincy, en Seine-Saint-Denis.

7.000 SMS "de 7h à 22h"

Cette dernière exerçait en temps que directrice du Centre communal d'action sociale (CCAS) dans la ville. Elle affirme avoir reçu et conservé 7.000 SMS envoyés par Eric Raoult, alors qu'elle était encore en période d'essai, après une première rencontre professionnelle à la mairie à l'été 2011.Ces envois de SMS "pouvaient débuter à 7 heures du matin et finir à 22 heures, week-end compris", a expliqué son avocate, Me Brigitte Kadri. Cette dernière a également donné des exemples des SMS que sa cliente aurait reçu. Parfois "des messages d'amour comme 'J'ai jamais été aussi amoureux de toute ma vie' mais aussi des choses plus osées comme 'Vos seins sont notés triple A dans les textos de DSK'". Le Figaro cite d'autres exemples, comme "Vous êtes très désirable et vous le savez".

"Vous êtes très désirable et vous le savez [...] Vos seins sont notés triple A"

Selon la jeune femme, c'est lors d'un voyage professionnel au Maroc en mars 2012 que les choses dégénèrent et qu'elle refuse "de céder à ses avances". "Au retour, elle fera l'objet de mesures disciplinaires", affirme son avocate.

"Volonté de nuire" avant les municipales

"Entre le moment où elle a été engagée et le moment où je l’ai rencontrée, elle a fait refaire sa poitrine et sa physionomie a changé", a expliqué Eric Raoult, joint par Le Parisien. L'élu reconnaît "un coup de coeur pour cette fille" et "un moment de faiblesse qui est arrivé pendant (s)on premier accident vasculaire cérébral", mais jure "qu'il ne s'est rien passé".Le maire, également à la tête de la fédération UMP de Seine-Saint-Denis, dénonce une "vengeance" de la part d'une "employée indélicate" elle-même visée par une plainte pour malversations. "Cette affaire intervient dans une évidente volonté de me nuire, à cinq jours des municipales", écrit-il dans un communiqué.

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