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Faits divers – Justice

Essai clinique "sauvage" : la justice ouvre une enquête

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Par , France Bleu, France Bleu Poitou

Après avoir été saisie par l'Agence du médicament, la justice a annoncé, ce vendredi, l'ouverture dune enquête pour en savoir plus sur l'essai clinique sauvage pratiqué sur des malades d'Alzheimer et de Parkinson dans une abbaye près de Poitiers. Une affaire qualifiée de "scandale" par Agnès Buzyn.

L'abbaye Sainte-Croix à Saint-Benoît, près de Poitiers, où était pratiqué l'essai.
L'abbaye Sainte-Croix à Saint-Benoît, près de Poitiers, où était pratiqué l'essai. © AFP - GUILLAUME SOUVANT

Le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert vendredi matin une information judiciaire, notamment pour "tromperie", concernant les essais cliniques "sauvages" pratiqués dans l'abbaye Sainte-Croix à Saint-Benoît, près de Poitiers sur au moins 350 malades de Parkinson et Alzheimer.

Deux juges d'instruction, des investigations pour "tromperie", "abus de faiblesse" ou "exercice illégal" de la pharmacie

Deux juges d'instruction ont été saisis pour mener les investigations dans le cadre de cette enquête. L'information judiciaire a été ouverte pour plusieurs motifs : "recherche interventionnelle impliquant une personne humaine (non justifiée par sa prise en charge habituelle sans l'obtention de l'avis du comité de protection des personnes et de l'autorisation de l'ANSM, sans consentement conforme, sans souscription préalable d'une assurance)", "abus frauduleux de l'ignorance ou de la faiblesse d'une personne vulnérable", "tromperie sur la nature, la qualité substantielle ou l'origine d'une prestation de services", "exercice illégal de la profession de pharmacien", "ouverture d'un établissement pharmaceutique sans autorisation" et "recherche impliquant une personne humaine malgré son interdiction ou sa suspension administrative", a précisé le parquet de Paris.

Un "scandale" pour la ministre de la Santé 

L'ANSM avait découvert cet essai illégal grâce à une inspection de contrôle menée début septembre au laboratoire où les prises de sang étaient envoyées pour analyse. Dénoncée comme un "scandale" par la ministre de la Santé Agnès Buzyn, l'expérimentation était menée par une structure baptisée Fonds Josefa dont le vice-président, le Professeur Henri Joyeux, est contesté par la communauté médicale en France, notamment à cause de ses positions anti-vaccins.

Des patchs vendus 1.500 euros aux patients 

L'expérience consistait à appliquer aux patients des patchs, vendus 1.500 euros pour certains, contenant deux molécules, appelées valentonine et 6-méthoxy-harmalan, dans l'espoir de traiter plusieurs maladies neurologiques (Parkinson, Alzheimer, troubles du sommeil...). Selon l'ANSM, ces molécules sont proches de la mélatonine, une hormone fréquemment utilisée pour mieux dormir, mais déconseillée à certaines populations en raison d'effets secondaires. 

Vendredi, l'ANSM s'est inquiétée dans un communiqué ne pas avoir la confirmation de l'arrêt effectif de l'utilisation de ces patchs et a enjoint, par une seconde décision de police sanitaire, le Fonds Josefa de "cesser immédiatement" la distribution, la prescription et l'utilisation desdits patchs.

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