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Faits divers – Justice DOSSIER : Le plus de l'info de France Bleu Belfort Montbéliard

Essais nucléaires : les vétérans irradiés du nord Franche-Comté seront indemnisés plus facilement

mercredi 13 décembre 2017 à 18:35 Par Wassila Guittoune, France Bleu Belfort-Montbéliard

La cour administrative d'appel de Nantes a reconnu à 25 vétérans irradiés lors d'essais nucléaires français dans le Sahara algérien et en Polynésie française, le droit d'être indemnisés par l'Etat. Une "victoire" selon l'AVEN, l'Association des vétérans des essais nucléaires

210 essais nucléaires ont été menés au Sahara et en Polynésie, impliquant quelque 150 000 personnes (Photo d'illustration)
210 essais nucléaires ont été menés au Sahara et en Polynésie, impliquant quelque 150 000 personnes (Photo d'illustration) © Maxppp - NICOLAS JACQUARD

Belfort, France

Le combat mené depuis près de 20 ans par l'AVEN, l'Association des vétérans des essais nucléaires, pour faire reconnaître le préjudice subi par les anciens militaires qui ont participé aux 210 essais nucléaires dans le Pacifique ou le Sahara, est en passe d'être gagné. Selon Jean-Luc Sans, "il y avait jusqu'ici une vraie injustice. En 2010, après la loi Morin sur l'indemnisation des vétérans irradiés, seul une personne sur 1000 dossiers a reçu une indemnisation. En 2012, grâce à une révision de la loi, la commission d'indemnisation validait 15 dossiers sur 100." Mais c'est en 2017 que l'injustice devrait donc être réparé.

Pour résumer grossièrement, il fallait prouver qu'on se douchait avec du plutonium

Une disposition destinée à favoriser l'indemnisation des victimes d'essais nucléaires a en effet été adoptée à la mi-février et publiée le 1er mars au Journal officiel. Jean-Luc Sans, président de l'AVEN explique que désormais "il suffit de prouver que vous avez été présent dans certaines zones du Sahara algérien entre 1960 et 1966, et en Polynésie Française entre 1966 et 1998 et de souffrir d'une des 21 pathologies reconnus par la loi pour être indemnisé". Jusqu'alors, être indemnisé pouvait être compliqué : "pour résumer grossièrement il fallait prouver qu'on se douchait avec du plutonium. Les comités d'indemnisation trouvaient toujours quelque chose à redire : tous les prétextes étaient bons pour dire que la personne ne pouvait pas être indemnisée".

Un combat long de près de 20 ans 

"Il y a eu énormément d'injustices dans la gestion dans ce dossier" estime Jean-Luc Sans, président de l'association des vétérans des essais nucléaires, poursuivant : "On a commencé en 2001. J'ai en mémoire des gens qui au début du combat étaient en pleine forme. Ils ont été rattrapé par la maladie, ils sont morts sans avoir été reconnus, sans avoir été indemnisés. C'est abominable".

En Franche-Comté, 7 personnes ont déposé une demande d'indemnisation depuis 2010

Gérard Bersot, belfortain de 62 ans, a effectué une partie de sa carrière militaire, dans la marine nationale à Mururoa, en 1974. Il y est resté 9 mois : "On a fait sauté des bombes dans l'atmosphère. On avait une paire de lunettes pour trois, on était en short, torse-nus. C'était normal à l'époque!". Depuis, il a perdu ses dents. En juillet 2017, après un AVC, il découvre qu'il a un cancer du poumon. Après la loi Morin de 2010, il dépose un dossier d'indemnisation, la réponse est négative. Dans la région Franche-Comté, 7 anciens militaires ont également déposé une demande d'indemnisation : seul l'un d'entre eux a obtenu une réponse positive, au terme d'un long combat judiciaire. Les autres vont pouvoir refaire une demande : "cela devrait être désormais positif" estime Jean-Luc Sans, président de l'AVEN.