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Essonne : un policier mis en examen après un tir de LBD qui a éborgné un jeune lors d'un contrôle

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Par , France Bleu Paris, France Bleu

Un policier de l'Essonne a été mis en examen, ce vendredi 28 janvier. Il est soupçonné d'avoir éborgné un jeune homme en tirant un LBD lors d'un contrôle à Brunoy, le 22 février.

Image d'illustration.
Image d'illustration. © Maxppp - Guillaume Bonnefont

Le policier soupçonné d'avoir éborgné un jeune homme à Brunoy en Essonne, avec un tir de lanceur de balles de défense (LBD) le week-end du 22-23 février, a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire, a annoncé le parquet d'Evry. Le policier est mis en examen pour "violence volontaire ayant entraîné une infirmité permanente". Une qualification criminelle passible des assises.

Deux magistrats vont instruire l'affaire, a précisé le parquet dans un communiqué. Celui-ci avait précédemment ouvert une enquête préliminaire, confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). La "police des polices" devait faire la lumière sur le contrôle qui a dégénéré dans le quartier sensible des Hautes-Mardelles à Brunoy samedi soir. 

"On est au-delà d'un cas de violence policière, on est dans le cœur d'un dossier de mutilation policière" par un tir de LBD, a affirmé plus tôt dans l'après-midi l'avocat du jeune homme de 19 ans, Me Eddy Arneton. Son client a été grièvement blessé. "Les exploitations d'enregistrement vidéo ont mis en évidence que, contrairement aux déclarations du policier évoquant un tir de riposte à des violences, ce tir ne semblait pas conforme aux règles d'engagement de cette arme", avait souligné plus tôt le parquet dans un autre communiqué. 

"Absolument horrifié"

Le parquet avait donc requis le placement sous contrôle judiciaire de ce fonctionnaire de la Brigade anti criminalité (BAC) du Val d'Yerres, avec interdiction d'exercer et interdiction de porter une arme. 

L'avocat du policier, Me Jérôme Andrei, indique, de son côté, que son client, un trentenaire qui exerce en Essonne depuis une dizaine d'années, vivait "la mise en examen très mal", tout comme l'interdiction d'exercer, et qu'il était "absolument horrifié à l'idée d'avoir blessé un jeune homme comme ça". Selon le conseil, "c'est un résultat accidentel, il n'a pas cherché à lui crever un oeil". "Il est très affecté. Il n'a pas fait policier pour ça", a-t-il ajouté.

Les policiers "doivent faire face à de l'ultra-violence"

Les syndicats policiers du département avaient dans l'après-midi, eux, tenu à rappeler le principe de présomption d'innocence, mais aussi, comme l'a indiqué Claude Carillo, secrétaire départemental d'Alliance, "les conditions difficiles dans lesquelles nos collègues interviennent dans le département de l'Essonne, notamment lorsqu'ils doivent faire face à de l'ultra-violence, comme ça a été le cas aux Hautes-Mardelles". 

"Malheureusement dans notre profession, on peut commettre une erreur, (...). Malgré tout, on soutient notre collègue", a de son côté indiqué Olivier Michelet, secrétaire départemental Unité-SGP-Police 91. 

Les faits ont eu lieu alors que des policiers essayaient de contrôler un groupe de jeunes samedi vers 23 heures. À la vue des policiers, le groupe a pris la fuite en laissant sur place une chicha et un pass Navigo, saisis par les fonctionnaires. 

Lorsque les jeunes ont cherché à récupérer la chicha, la situation a dégénéré et les premières échauffourées ont éclaté. Aux jets de projectiles divers, les policiers ont répondu à coups de gaz lacrymogène avant un bref retour au calme. 

"Il n'avait rien fait"

Plus tard dans la nuit, une dizaine de personnes s'en sont prises au dispositif de maintien de l'ordre mis en place dans le quartier. C'est à ce moment-là que le fonctionnaire de la BAC a touché la victime au visage avec son LBD. Maitre Arneton ne s'explique pas pour autant l'incident qui a touché son client. "Il n'avait rien fait, il était présent sur les lieux, il n'a eu aucun comportement qui aurait pu légitimer une interpellation ou un tir de flashball à moins de dix mètres", a-t-il affirmé. "L'utilisation du LBD au bout d'un moment, on doit comprendre qu'il faut qu'elle soit interdite", a-t-il estimé. 

Arme controversée du maintien de l'ordre, le LBD est accusé d'avoir provoqué de graves blessures en marge des manifestations des "gilets jaunes".

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