Faits divers – Justice

Et si Pokémon Go aidait à protéger les Français des attentats ?

Par Léo Tescher, France Bleu Saint-Étienne Loire mercredi 3 août 2016 à 20:29

Illustration - joueur de Pokémon sous un orage
Illustration - joueur de Pokémon sous un orage © Maxppp - Sebastian Gollnow

C'est la très sérieuse réflexion portée par l'Association nationale des cadres territoriaux de la sécurité (ANCTS) et son président, le Stéphanois Cédric Renaud. Pour lui, Pokémon Go pourrait être une chance... même s'il soulève également quelques craintes.

Même s'il n'a au final "pas accroché", Cédric Renaud a essayé l'application dont tout le monde parle en ce moment : Pokémon Go. Et s'il ne l'a pas conservé dans son smartphone, il n'en reste pas moins séduit par son principe alliant réalité augmentée et géolocalisation. Car, pour ceux qui n'y joueront jamais, il faut savoir que Pokémon Go offre la possibilité au joueur de se déplacer dans la ville et d'y attraper des petits monstres appelés Pokémon en fonction de là où il se trouve. Une nouvelle façon de jouer qui interpelle le directeur de la sécurité de la mairie de Saint-Étienne :

"Si on compare au nombre d'utilisateurs de l'application SAIP du ministère de l'intérieur (ndlr. 100.000 à 500.000 téléchargements sur Android), je pense qu'il y a plus d'utilisateurs de Pokémon Go (ndlr. 6 millions de Français y auraient déjà joué, selon un sondage Ifop), explique Cédric Renaud, le président de l'ANCTS. Ce sont des utilisateurs quotidiens, qui vont la regarder, la mettre à jour, la mobiliser... Et à ce titre là, c'est extrêmement intéressant. En fait, à l'ANCTS, nous nous interrogeons sur l'intérêt de ce que sera le jeu de demain. En mêlant réalité, fiction, et surtout en intégrant de la géolocalisation, Pokémon Go présente un nouvel intérêt pour faire une alerte sélective et faire que la personne qui va la recevoir se sente concernée par sa proximité géographique. Ce qui est toute la difficulté en terme d'alerte."

Un atout, mais aussi un risque ?

Cette idée d'ajouter un système d'alerte au jeu, Cédric Renaud l'a partagée ce mercredi dans un courrier qu'il a écrit au ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, à l'éditeur du jeu Niantic, ainsi qu'à Nintendo. Il y partage également ses craintes :

"Les personnes qui jouent à Pokémon Go et qui chassent le Pokémon cherchent vraiment partout. Ils sont aidés par leur radars. On voit ainsi des attroupements dès qu'un Pokémon rare apparaît quelque part. Ma question est la suivante : en cas d'attentat, l'éditeur serait-il capable de griser une zone ? Le principe serait de retirer tous les Pokémons qui apparaissent pour éviter d'attirer des joueurs mal informés à proximité du lieu d'une attaque."

Les deux idées sont lancées. Cédric Renaud y voit là "la première pierre d'une nouvelle collaboration entre les services de sécurité et de secours, et le secteur marchand".

Le phénomène Pokémon GO en chiffres  - Radio France
Le phénomène Pokémon GO en chiffres © Radio France - Radio France