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Etrange silence après un viol dans un Ehpad creusois

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Par , France Bleu Creuse

La direction de l’Ehpad de Dun-le-Palestel a-t-elle cherché à cacher une affaire de viol entre résidents au sein de l’établissement ? En avril 2019, une femme de 91 ans est violée par un homme de 83 ans. L'équipe n'a communiqué ni avec les familles, ni avec la hiérarchie, ni avec la justice.

Les gendarmes creusois ont instruit l'affaire
Les gendarmes creusois ont instruit l'affaire © Radio France - Camille André

Trois semaines après les faits, la rumeur s’est largement répandue à Dun-le-Palestel. "Après dix minutes de tergiversations, elle me dit enfin ce qu'il s'est passé. Elle m'annonce qu'un dimanche, une aide-soignante a vu un monsieur avec le pantalon baissé et son sexe dans la bouche de ma mère. On a attendu trois semaines pour me dire ça, c'est insupportable. L'ARS me dit qu'on aurait du me prévenir plus rapidement", témoigne la fille de la victime.

Personne n'est prévenu, pas même le procureur de la République

L’Agence régionale de santé, elle, est mise au courant des faits deux semaines plus tard, par l'intermédiaire d'un syndicat. L’ARS apprend aussi que la directrice de l’établissement n’a pas prévenu le procureur de la République, alors qu'elle en a l'obligation.

Face aux enquêteurs, la jeune femme explique qu’avant de communiquer, elle a d’abord voulu réunir des éléments médicaux. Pourtant, le médecin traitant de la victime qui vient la visiter quelques jours plus tard n’est pas non plus mis au courant.

La fille de la victime a compilé de nombreux documents sur le viol de sa mère
La fille de la victime a compilé de nombreux documents sur le viol de sa mère © Radio France - Fabien Arnet

On n'a pas réglé le problème, on l'a déplacé

Élément accablant : l’agresseur n’est pas à son coup d’essai. Entre son admission, dans l’unité fermée de l’Ehpad fin 2017, et le viol d’avril 2019, il a agressé sexuellement plusieurs résidentes. Une douzaine de faits au total. "C'est une aide-soignante qui m'a dit qu'on avait déplacé le problème. Mais on n'a pas réglé le problème. Après le viol de ma mère, le personnel avait consigne de ne rien dire", s'indigne la fille de la victime.

Malgré l’accumulation des agressions, la direction n’a pas non prévenu la famille de l’agresseur. Le fils se dit outré par ce silence. Pour l’instant, une seule plainte a été instruite, celle de la famille de la victime, classée sans suite, l’agresseur étant pénalement irresponsable.

Il y a des violences, y compris sexuelles, dans d'autres Ehpad creusois

La directrice de l’Ehpad de Dun-le-Palestel n'a pas répondu à nos sollicitations et l’ARS refuse de communiquer sur une affaire en cours d'instruction, ce qui laisse entendre qu'une enquête administrative a été diligentée.

C'est le syndicat CGT qui est à l'origine de la médiatisation de l'affaire. Son secrétaire départemental Laurent Margueritat assure qu'il y a "des violences dans les Ehpad creusois, notamment sexuelles. On ferme des unités spéciales dans les Ehpad qui permettaient d'isoler des personnes potentiellement dangereuses. Et puis surtout, il n'y a pas assez de monde pour encadrer, il faudrait doubler les effectifs, en particulier des aide-soignantes. Ça fait plus d'un an que les personnels sont mobilisés sur ces questions."

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