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Faits divers – Justice

Étudiante éborgnée à Grenoble : de la prison avec sursis requise contre les policiers

mardi 9 octobre 2018 à 6:33 Par Justine Dincher, France Bleu Isère et France Bleu

Quatre policiers grenoblois étaient jugés lundi, devant le tribunal correctionnel de Lyon, après un accident en marge d'une manifestation en 2007. Atteinte par une grenade, une étudiante avait perdu l'usage d'un œil. Le procureur a requis des peines de 6 à 10 mois de prison avec sursis.

Quatre policiers grenoblois étaient jugés devant le tribunal correctionnel de Lyon, lundi 8 octobre.
Quatre policiers grenoblois étaient jugés devant le tribunal correctionnel de Lyon, lundi 8 octobre. © Radio France - Nicolas Joly

Grenoble, France

Plus de 11 ans après les faits, quatre policiers grenoblois étaient jugés lundi 8 octobre, à Lyon. Le 16 mai 2007, une jeune femme qui passait à pied, à proximité d'une manifestation contre l'élection de Nicolas Sarkozy, avait été touchée par une grenade de désencerclement lancée par les policiers pour disperser la foule. Malgré une dizaine d'opérations chirurgicales, Maud Caretta, étudiante en médecine alors âgée de 23 ans, avait perdu l'usage d'un œil, le goût et l'odorat. À la veille du procès, elle racontait à France Bleu Isère avoir vu sa vie basculer, "toute ma vie a été perturbée"

La fin de 11 ans de procédure

"Le combat a été très long", confiait Maud Caretta après 11 ans de bataille judiciaire. Si le commissaire, à la tête des opérations ce jour-là, avait été renvoyé dès 2013 en correctionnelle pour "blessures involontaires", les trois autres policiers avaient d'abord bénéficié d'un non-lieu puisque le tireur ne pouvait pas être identifié. Saisie par les parties civiles, la Cour de cassation avait finalement estimé en juillet 2017, que les policiers pouvaient être poursuivis sous le régime de la co-action. Trois policiers et leur commissaire ont donc été jugés lundi 8 octobre pour "violences involontaires".

Maud Caretta a perdu son oeil gauche il y a 11 ans, après avoir été frappée par un éclat de grenade de police - Radio France
Maud Caretta a perdu son oeil gauche il y a 11 ans, après avoir été frappée par un éclat de grenade de police © Radio France - Nicolas Joly

Décision du tribunal au mois de décembre

Lors du procès lundi devant le tribunal correctionnel de Lyon, le commissaire de police a d'abord exprimé sa "compassion pour la victime qui a été blessée alors qu'elle n'était pas manifestante", il a dit ressentir "une incompréhension par rapport à la blessure". Le commissaire a expliqué que trois fusées rouges avaient bien été tirées pour avertir les manifestants, mais ces tirs de sommation ont eu lieu près d'une demi-heure avant le tir de grenades. Le président du tribunal a souligné que le commissaire aurait dû utiliser un porte-voix pour ordonner la dispersion, comme la réglementation l'y invite.

L'avocat des trois policiers a demandé leur relaxe et l'avocat du commissaire une simple amende. Le procureur a lui requis des peines de prison avec sursis à l'encontre des fonctionnaires de police : 10 mois avec sursis pour un, 8 mois pour un autre et 6 mois pour les deux derniers. Les quatre hommes encourent une peine maximale de trois ans de prison. La décision a été mise en délibéré au 10 décembre prochain.