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Faits divers – Justice

Étudiante éborgnée à Grenoble : "toute ma vie a été perturbée", raconte la victime avant le procès de quatre policiers

lundi 8 octobre 2018 à 9:18 Par Justine Dincher et Nicolas Joly, France Bleu Isère, France Bleu Pays de Savoie et France Bleu

Quatre policiers sont jugés ce lundi, devant le tribunal correctionnel de Lyon. En 2007, une étudiante avait perdu l'usage d'un œil, touchée par un tir de grenade de police, en marge d'une manifestation à Grenoble.

En 2007, Maud Caretta avait été touché par un tir de grenade de police, alors qu'elle passait à proximité d'un rassemblement contre l'élection de Nicolas Sarkozy.
En 2007, Maud Caretta avait été touché par un tir de grenade de police, alors qu'elle passait à proximité d'un rassemblement contre l'élection de Nicolas Sarkozy. © Maxppp - Henri Porchier

Grenoble, France

Quatre policiers comparaissent lundi 8 octobre devant le tribunal correctionnel de Lyon. La justice doit faire la lumière sur des faits qui se sont produits il y a plus de 10 ans, le 16 mai 2007, aux abords d'une manifestation contre l'élection de Nicolas Sarkozy, dans le centre-ville de Grenoble (Isère). Un tir de grenade de police a éborgné Maud Caretta, une jeune étudiante qui rentrait d'une soirée chez des amis et qui ne participait pas à la manifestation. Qui a tiré ? Y a-t-il eu des sommations ? Était-il nécessaire d'utiliser cette grenade ? L'audience de ce lundi doit apporter les réponses à ces questions. 

Des séquelles irréversibles

En 2007, Maud Caretta, aujourd'hui pédo-psychiatre en Haute-Savoie, avait 23 ans. Cet accident a eu des "conséquences lourdes et graves" sur sa vie. Le 16 mai, alors qu'elle passait près d'un attroupement sur la place Grenette à Grenoble, elle a été touchée par un fragment de grenade tirée par les policiers pour disperser la foule. 

Tous les matins, quand je me regarde dans la glace, je ne peux pas oublier ce qu'il s'est passé" — Maud Caretta

Ce jour-là, "tout bascule", raconte-t-elle, "je suis en quatrième année de médecine, je vais en cours, je vais en stage et on arrête tout, on pense d'abord aux soins." "Ce n'est pas rien, il y a des conséquences esthétiques", poursuit Maud Caretta qui subi de nombreuses interventions chirurgicales. Celle qui est aujourd'hui devenue pédo-psychiatre a également perdu le goût et l'odorat, "toute ma vie a été perturbée par cet accident".

Maud Caretta a perdu son oeil gauche il y a 11 ans, après avoir été frappée par un éclat de grenade de police - Radio France
Maud Caretta a perdu son oeil gauche il y a 11 ans, après avoir été frappée par un éclat de grenade de police © Radio France - Nicolas Joly

Des policiers jugés sous le régime de la co-action

Trois policiers ont été mis en examen en décembre 2008, mais la justice a déclaré un non-lieu puisqu'il est impossible d'identifier le tireur.  Maud Caretta et son avocat ont usé de tous les recours possibles, sans succès, jusqu'à ce que la cour de cassation déclare en juillet 2017 que les policiers pouvaient être jugés sous le régime de la co-action. Les trois agents et leur commissaire sont donc renvoyés devant le tribunal correctionnel ce lundi.

Je veux juste qu'on me dise qu'il y a eu une erreur" — Maud Caretta

Après 11 ans de bataille judiciaire, "le combat a été très long", raconte Maud Caretta. "J'ai toujours gardé cette détermination", poursuit l'Iséroise, "tant qu'il y a des recours, je me suis dit que j'irai jusqu'au bout. Mes attentes par rapport au procès, c'est la reconnaissance. Ils (les policiers) font leur travail, il y a eu une erreur à ce moment-là, je veux juste qu'on me dise qu'on aurait pas dû tirer à ce moment-là".

Pour Maud Caretta, accompagnée de son avocat Maître Hervé Gerbi, c'est la fin d'un long combat judiciaire - Radio France
Pour Maud Caretta, accompagnée de son avocat Maître Hervé Gerbi, c'est la fin d'un long combat judiciaire © Radio France - Nicolas Joly