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Dylan, éborgné lors d'une manifestation : "Eux ils tirent, ils s'en foutent, mais ça change une vie"

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Par , France Bleu Hérault

Environ 500 personnes se sont rassemblées à Montpellier pour dénoncer l'usage des armes mutilantes par les forces de l'ordre. Plusieurs gilets jaunes blessés ont participé à cette "marche des mutilés". Dylan a perdu son œil en avril 2019, à 18 ans. Il témoigne.

Dylan avait 18 ans lorsqu'il a perdu son œil, victime selon lui d'un tir de grenades de désencerclement tirées par les forces de l'ordre lors de l'acte 24 des gilets jaunes
Dylan avait 18 ans lorsqu'il a perdu son œil, victime selon lui d'un tir de grenades de désencerclement tirées par les forces de l'ordre lors de l'acte 24 des gilets jaunes © Radio France - Elena Louazon

C'était l'une de ses toutes premières manifestations, elle a très vite tourné au drame. Le 27 avril 2019, la vie de Dylan, 18 ans à l'époque, a basculé lors de l'acte 24 des gilets jaunes. "On était à la préfecture, on manifestait pacifiquement, et sans raison, un CRS a envoyé quatre grenades de désencerclement. J'en ai reçu une dans l’œil droit, se rappelle le jeune homme. Je la vois à mes pieds, et après ça a fait comme un flash blanc. La douleur, je ne l'ai pas sentie, tellement j'ai eu mal. Ça anesthésie."

Une vie bouleversée

Pris en charge par des street-medics, il est envoyé aux urgences. Il restera hospitalisé pendant cinq jours, et va surtout garder des séquelles à vie. "Je ne vois plus du côté droit, articule difficilement Dylan. J'arrive même plus à me raser, à attraper des trucs. J'attrape à côté, derrière... Il y a tout ça et il y a aussi les pertes de mémoires. On vient de me dire quelque chose, je l'oublie. Et mon comportement aussi a changé. Je m'énerve pour un rien. Avant, ce n'était pas ça."

Handicapé par la perte de son œil, il a dû abandonner son emploi de manutentionnaire. "J'étais en train de passer le permis, c'est mort. Le travail, c'est mort, énumère-t-il, dépité. Du coup tu dois des sous, mais je n'ai plus de salaire et pas d'aide de Pôle Emploi. C'est tout un engrenage après."

Dylan a beaucoup de mal à retrouver une vie quotidienne. Il a passé les derniers mois à rassembler des preuves pour constituer un dossier solide avant de porter plainte contre l'auteur du tir. "Moi je veux que justice soit faite, explique-t-il. Qu'il paye. Qu'il se rende compte de son erreur. Celui qui a fait ça, je pourrais être son fils et il s'en fout ! Eux ils tirent, ils s'en battent les couilles. Mais ça change une vie, vraiment."

Le témoignage de Dylan, éborgné lors d'une manifestation

Manifestations de "mutilés"

Des marches pour demander l'interdiction des armes mutilantes sont régulièrement organisées. La quatrième avait lieu dimanche 12 janvier à Montpellier. Elle a rassemblé environ 500 personnes, de la place de la Comédie à la gare en passant par la préfecture, où les manifestants ont déposé des ballons en forme d'yeux.

Le professeur Laurent Thines, neurochirurgien, dénonce les armes mutilantes

Environ 500 personnes ont manifesté à Montpellier pour demander l'interdiction des armes mutilantes
Environ 500 personnes ont manifesté à Montpellier pour demander l'interdiction des armes mutilantes © Radio France - Elena Louazon
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