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Dossier : Disparition de Delphine Jubillar

EXCLU - Disparition de Delphine Jubillar : un membre de la famille pointe du doigt le mari de l'infirmière

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Par , France Bleu Occitanie, France Bleu

Un membre de la famille de Cédric Jubillar pointe du doigt la responsabilité de ce dernier dans la disparition sa femme. Ce témoignage issu du documentaire France Bleu sur l'affaire est contrebalancé par l’avocat de Cédric Jubillar qui fustige un tribunal de la morale populaire contre son client.

Portrait de Delphine Jubillar diffusé lors de l’appel à témoins le 21 décembre 2020
Portrait de Delphine Jubillar diffusé lors de l’appel à témoins le 21 décembre 2020 - © Gendarmerie du Tarn

France Bleu Occitanie a pu interviewer, en exclusivité, un membre de la famille de Cédric Jubillar dont la femme, Delphine, a disparu, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn. C'est un témoignage rare car peu de membres des familles Jubillar ou Aussaguel (du nom de jeune fille de la disparue) s’expriment dans ce dossier.

Dans ce témoignage extrait du documentaire "Delphine Jubillar, l'introuvable maman du Tarn", ce membre de la famille Jubillar, qui souhaite conserver l'anonymat, pointe la responsabilité de Cédric Jubillar dans la disparition de sa femme. Delphine Jubillar, infirmière de 33 ans, maman de deux enfants (âgés de 6 ans et 20 mois), serait partie seule, à pied, dans la nuit et c'est au petit matin que son mari se serait aperçu qu'elle n'était plus au domicile et a signalé la disparition indiquait le procureur d'Albi, Alain Berthomieu, le 23 décembre 2020.

Après deux longs mois de silence, cette personne, membre de la famille de Cédric Jubillar, a besoin de parler. Ce qu'elle nous raconte au micro, c'est exactement ce qu'elle nous disait fin décembre mais dans la confidence et le secret. Elle affirme avoir très tôt raconté aux gendarmes tout ce qu'elle nous a confié.

"Elle subvenait à tous les besoins de la famille"

Ce membre de la famille Jubillar assure connaître la disparue depuis 14 ans. Il décrit Delphine Jubillar comme "une femme adorable, très douce, très gentille, quelqu'un qui a la joie de vivre, qui aime ses enfants, son travail, une femme heureuse, qui semble heureuse". Il insiste sur le fait que Delphine Jubillar est une maman à plein temps. "Elle aime passer des moments avec ses enfants. Elle se repose très peu le matin pour pouvoir être disponible la journée, l’après-midi pour faire des gâteaux, des choses avec ses enfants pour après, le soir, repartir travailler. Donc oui, c’est une maman à plein temps." 

Il décrit le quotidien fatigant de Delphine Jubillar qui "travaille de nuit, ne se repose que le matin et gère ensuite tout le quotidien de la maison, les enfants l’après-midi pour repartir travailler le soir". Il précise qu'elle fait tout cela "sans aucune aide, parce qu'il n’était pas d’une grande aide". Ce "il", c'est Cédric Jubillar. 

Exclusif : le témoignage anonyme d'un membre de la famille de Cédric Jubillar

Delphine et Cédric Jubillar avaient prévu de se séparer

Ce membre de la famille Jubillar explique que Delphine avait programmé sa séparation avec son mari. Elle voulait vendre la maison de Cagnac-les-Mines et demander la garde exclusive de ses enfants. "La situation à la maison devenait invivable pour elle, lui ne voulait pas quitter le domicile et la laisser. Elle prévoyait après les fêtes pour pas les chambouler, elle voulait les prendre et pour le mois de janvier aller être hébergée chez une collègue de travail en attendant de se trouver quelque chose d’autre et de vendre la maison. Elle voulait la garde exclusive de ses enfants. 

Plusieurs fois avant la disparition, on l'a entendu dire à sa mère : «Oui je vais la tuer, je vais l’enterrer, personne va la retrouver. Elle veut me quitter, elle veut demander le divorce - Un membre de la famille de Cédric Jubillar

Cette anticipation de la séparation, l'amour fusionnel qu'elle portait à ses enfants, fait dire à cette personne qui a accepté anonymement de sortir du silence que la piste d'une disparition volontaire de Delphine ne tient pas. "Je sais que c'est elle qui subvenait à tous les besoins de la famille parce que lui n'avait pas vraiment de travail. Entre le confinement et tout ce qui s'est passé, en étant auto-entrepreneur, il avait perdu beaucoup de contrats. Je sais qu'elle remboursait quand même pas mal dans le mois. C’est pour ça qu’elle avait décidé de travailler de nuit : pour avoir plus de revenus." 

C'est dans ce climat que ce membre de la famille de Cédric Jubillar assure que "plusieurs fois avant la disparition, vu les tensions et tout, on l’a entendu dire lui à sa mère : «Oui je vais la tuer, je vais l’enterrer, personne il va la retrouver, elle veut me quitter, elle veut demander le divorce". 

Donc déjà il savait qu’il allait tout perdre, il savait qu’il allait devoir recommencer de tout le début. Pour lui, Delphine c’était elle le pilier, c’était elle qui faisait tout. Il avait tout grâce à elle. Donc du jour au lendemain se voir perdre tout, ça peut rendre fou un homme." 

"Des accusations infondées" pour l'avocat de Cédric Jubillar

Le mari de l'infirmière disparue, Cédric Jubillar, parle peu, excepté par l'intermédiaire de son avocat, Maitre Jean-Baptiste Alary qui dénonce un tribunal de la morale populaire contre son client. "Il est montré du doigt par les procureurs des réseaux sociaux qui le traduisent devant le tribunal des réseaux sociaux. Ces procureurs là, auto-proclamés, existaient déjà et déversaient leurs accusations infondées probablement au coin d’un repas de famille ou au café du coin." 

Maitre Jean-Baptiste Alary avance des arguments sur chacune des accusations abordées par cette membre de la famille de son client. "Ils se sont rencontrés aux alentours de 17 ans, ils ont vécu toute leur jeunesse ensemble, 16 ou 17 ans ensemble. C’est peut-être tout simplement l’érosion du temps. Et c’est pas parce qu’on se sépare qu’on se déteste. Il y a aura toujours une tendresse particulière, la tendresse qui a uni deux jeunes de 17 ans, je suis pas certain qu'elle disparaisse comme ça, surtout lorsqu’on se sépare d’un commun accord. Il n'y a pas de guerre intrafamiliale, il n'y a rien de tout ça."

Se garder de jugements ayant pour seul fondement des valeurs morales

L'avocat de Cédric Jubillar explique que vu la situation, qui est particulière, "il faut vraiment se garder de jugements qui n’auraient pour seul fondement des valeurs morales. J’ai lu, au fur et à mesure des articles de presse, qu’on présentait Delphine comme une maman merveilleuse, qu'elle est sans doute, une infirmière dévouée, une amie joviale, une voisine formidable, je n'en doute pas un seul instant. Mais par contre, petit à petit, on a commencé à introduire l’épouse infidèle. J'ai envie de vous dire et alors ? Et alors ? Est-ce-que ça fait d'elle une plus mauvaise personne ? Est-ce que ça enlève une once à la plus petite de ses qualités que, au bout de 17 ans de vie commune, sachant que la séparation était actée, elle a peut-être décidé de se rapprocher d’autres personnes ? Et le droit, la Justice, une procédure, c'est pas de la morale".

Maitre Jean-Baptiste Alary assure que, dans le cadre d'une telle procédure, regarder si Cédric Jubillar a fini sa maison ou pas, qu'il est impliqué dans la vie communale, "qu’il fume un pétard de temps en temps", ça n’a pas de sens.  L'avocat répond aussi sur la présumée marginalité de son client : "Qu’il soit marginal, ça m’a fait rire. J'ai envie de dire : moi un marginal de 33 ans, marié, deux enfants, propriétaire et qui a monté son entreprise, il y en a beaucoup qui rêveraient d’une telle marginalité". 

"Voilà, c'est Daval"

L'avocat de Cédric Jubillar dénonce cette façon moralisatrice que certains ont d'aborder cette affaire. "C’était confortable moralement de se dire : lui, il ne nous ressemble pas parce qu’on a envie de le mettre en cause, on a envie que ce soit lui. C’est plus facile intellectuellement de se dire que c’est lui, ça nous évite l’effort de la réflexion : voilà c’est Daval. C’est bon, on a compris l’affaire, c’est terminé. Mais à un moment donné, il faut comprendre qu’il y a des nuances là dedans, qu'un être humain n’est pas tout blanc ou tout noir. Tout est nuancé. Les nuances sont à apporter tant du côté de Cédric que du côte de Delphine. Mais que ces nuances là n’en font ni une plus mauvaise, ni une meilleure personne, cela en fait simplement des êtres humains. Tous ces discours moralisateurs, je les trouve insupportables, c’est insupportable."

Si Cédric Jubillar n'est pas responsable de la disparition de son épouse, que reste t-il ? Une mauvaise rencontre ? Un rôdeur ? L'avocat du mari de Delphine Jubillar développe son raisonnement : "Est-ce qu'elle est sortie ? C'est peut-être ce que l'intervention des chiens de la brigade cynophile laisserait à penser puisqu'ils perdent sa trace. Ce qui semble laisser penser qu'elle a quitté la maison, s'est déplacée de nuit, jusqu'à une centaine de mètres ou 200 mètres ou 300 mètres, que sais-je, du domicile conjugal avant de s'évaporer très clairement. Et là, on peut imaginer qu’à cet endroit, dans un carrefour, elle est montée, de gré ou de force, dans un véhicule qui l'amènera, ce qui justifierait la perte de trace olfactive de la part des chiens de la gendarmerie. C'est quelque chose qui peut être relativement crédible". 

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