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Faits divers – Justice
Dossier : Le directeur de l'école catholique l'Angélus dans le Cher mis en cause pour maltraitance

La mère d'un élève de l'Angélus témoigne : "aujourd'hui, mon fils est cassé"

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Par , France Bleu Berry

INFO FRANCE BLEU BERRY. Témoignage exclusif de la mère d'un élève de l'école de l'Angélus, à Presly dans le Cher. Elle a retiré son fils de l'école une semaine avant les perquisitions et la fermeture de l'établissement. Il est aujourd'hui suivi pour dépression.

Cette mère de famille a scolarisé deux de ses enfants à l'Angelus. Elle les a retirés juste avant la fermeture de l'institution.
Cette mère de famille a scolarisé deux de ses enfants à l'Angelus. Elle les a retirés juste avant la fermeture de l'institution. © Maxppp - Stéphanie Para

Presly, France

La rentrée scolaire reste très largement compromise à l'Angélus, cette école catholique du Cher, qui scolarisait 109 élèves, et qui est visée par une procédure judiciaire. Le directeur de l'école, l'Abbé Spinoza, est mis en examen pour des violences sur certains enfants. Des scellés sont toujours posés sur les grilles, et le site ne rouvrira que quand ils seront levés, à la fin de l'enquête. Probablement pas à temps en septembre pour la rentrée.

Dans ce contexte, une mère (qui préfère rester anonyme) témoigne en exclusivité sur France Bleu Berry. Cette mère de famille, catholique pratiquante, a scolarisé deux de ses trois enfants à l'Angélus il y a deux ans, séduite par l'école et par l'abbé Spinoza, en qui elle a alors confiance. Elle a décidé de les retirer quelques jours avant les perquisitions, quand elle a vu "l'état de santé de [s]on fils se dégrader". Aujourd'hui âgé de 13 ans, il est suivi pour dépression. Elle met en cause l'attitude du directeur de l'école.

"Il alternait des moments de séduction, de tendresse, avec des discours perturbants" - La mère d'un élève scolarisé à l'Angelus, à propos de l'abbé Spinoza

"Il y a des gestes que je trouve inappropriés. Je trouve que ce n'est pas le rôle d'un prêtre de prendre un élève dans ses bras dans un canapé, ou dans des situations de câlins... Ce n'est pas normal et ce n'est pas son rôle, explique-t-elle aujourd'hui. L'abbé alternait des moments de tendresse, de séduction en lui disant 'je suis là pour te protéger et t'aider à aller mieux' dans des situations plutôt câlines comme un père parlerait à son fils... Mais ces discours étaient alternés avec d'autres perturbants. Il lui disait que - comme je suis divorcée - j'étais la cause de la séparation, de ses souffrances, du fait qu'il n'était pas bien... du coup il a essayé de le couper de moi. Sous prétextes de colles, il le gardait à l'école le week-end, lui disait qu'il était mieux à l'école que dans sa famille".

C'est alors que son fils commence à avoir une attitude "plutôt fermée" envers sa mère, "ce qui a commencé à nous alerter", précise-t-elle, en ajoutant que malgré le divorce, le père de l'enfant soutient sa démarche. Elle envoie alors une lettre à l'abbé Spinoza pour lui annoncer le retrait de ses enfants de l'école :

La lettre envoyée par cette mère de famille au directeur de l'école pour lui annoncer le retrait de ses enfants. - Radio France
La lettre envoyée par cette mère de famille au directeur de l'école pour lui annoncer le retrait de ses enfants. © Radio France - DR

Elle a porté plainte pour violences psychologiques. "Ça s'est arrêté au niveau psychologique mais j'aurais presque préféré des violences physiques, soupire-t-elle. Parce que là il y a une reconstruction à faire alors que sont des enfants qui sont en pleine naissance de l'adulte qu'ils vont devenir, qui devraient être en âge de se construire. De la part d'un éducateur et d'un prêtre, c'est très grave. Après ce sont des garçons, ils sont une centaine, je comprends qu'il faille les cadrer mais il y a avait beaucoup de punitions physiques, sur certains enfants notamment, peut-être plus difficiles que les autres. En plus les enfants avaient tellement peur qu'ils ne nous en parlaient pas. Ils avaient un code entre eux pour se prévenir de l'arrivée du prêtre."

Un combat contre l'abbé, pas contre l'église ni contre le hors contrat

Aujourd'hui, elle se dit tout de même soulagée que les charges d'agression sexuelle soient abandonnées. Et elle précise bien qu'il ne s'agit pas d'un combat contre l'école hors contrat : "Je ne suis pas du tout contre l'église, pas contre les prêtres, pas contre le hors contrat, au contraire, assure cette femme dont le frère est prêtre et la sœur religieuse. Je pense simplement que l'abbé n'a pas sa place comme éducateur. Est-ce qu'il a cru bien faire ? En tout cas aujourd'hui, mon fils est cassé".

"L'essentiel est que l'école soit fermée, que lui soit mis en examen et que la justice puisse faire son travail", conclut-elle. Son fils, lui, n'ira plus à l'Angelus. Il n'ira pas non plus en internat à la rentrée, pour le moment. Mais sa mère compte bien le mettre dans une nouvelle école hors contrat en septembre.

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