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Faits divers – Justice

EXCLU | Un Breton parti combattre Daech en Syrie témoigne

lundi 10 juillet 2017 à 6:00 Par Tudi Crequer, France Bleu Armorique, France Bleu Breizh Izel et France Bleu

France Bleu Breizh Izel a pu contacter un Breton qui vient d'arriver au Rojava, au nord de la Syrie. Il est parti combattre au sein d'une brigade de volontaires étrangers qui combat avec les forces kurdes.

Une photo que "Kendal Breizh" nous a transmis depuis le Rojava
Une photo que "Kendal Breizh" nous a transmis depuis le Rojava © Radio France - Tudi Crequer

"Je ne suis pas là pour jouer à Rambo", précise d'emblée ce Breton arrivé il y a quelques jours au Rojava. Pour y arriver, il est passé par l'Irak avant de traverser clandestinement la frontière avec la Syrie. Il fait désormais parti des YPG et plus précisément du bataillon de libération du Rojava, une unité qui comprend des combattants étrangers venus soutenir la "révolution kurde".

On ne connaîtra pas sa véritable identité. On apprendra seulement qu'il est accompagné de "quelques autres Bretons", qu'il parle "couramment breton" et qu'il est âgé d'à "peu près 40 ans". Il nous révèle par contre son nouveau nom que les YPG lui ont donné : Kendal Breizh. Une référence à la Bretagne (Breizh) et Kendal, le nom d'un kurde mort au combat.

"Je suis prêt à mourir pour mes idées"

Un mois de formation avant de partir au front

Depuis son arrivée, le néo-soldat suit une formation intensive aux "maniement d'armes", "manœuvres tactiques", reçoit "des cours de langue et d'histoire kurdes", mais aussi "des leçons sur l'idéologie". Lui-même se définit comme un "internationaliste" et pour lui c'était "une évidence de rejoindre le bataillon de libération du Rojava". "Je suis venu en tant que révolutionnaire, et c'est moins pour combattre Daech que pour la révolution du Rojava que les Kurdes ont mis en place ici qui est basée sur le confédéralisme démocratique ou encore l'égalité parfaite entre les femmes et les hommes. Ce qui se passe au Rojava est inédit !"

Kendal Breizh pourra bientôt éprouver ses convictions. Dans quelques semaines, il partira probablement rejoindre les Forces démocratiques syriennes à Raqqa, un des derniers bastion du groupe Etat Islamique, mais peut-être aussi à Afrin contre l'armée turque. Le Breton se dit prêt à mourir et "donner sa vie" pour ses idées. Mais n'est-ce pas un peu fou ? "Oui, si ça veut dire que mourir pour ce que l'on croit est de la folie."

En breton | Pennad-komz gant Kendal Breizh / Tudi Crequer

Quelques éléments de contexte :

Il est difficile de mesurer le nombre d'occidentaux qui ont rejoint les bataillons se battant au Kurdistan Irakien ou Syrien. Leur nombre varie en permanence entre 100 et 400. "La bataille de Kobané, en 2014, a été un point de rupture pour beaucoup d'entre eux, avec une forte médiatisation d'une manière très héroïsante pour les forces kurdes", précise Olivier Grojean, maître de conférence à la Sorbonne. Ils seraient près de 1.500 a avoir passé entre six et douze mois dans les rangs du YPG, certains ont d'ailleurs fait plusieurs séjours.

Kendal Breizh s'affiche ouvertement avec son collègue breton et le drapeau antifasciste.  - Aucun(e)
Kendal Breizh s'affiche ouvertement avec son collègue breton et le drapeau antifasciste. - DR

Parmi eux, des militants d'extrême gauche d'Allemagne, Italie et Espagne, d'anciens soldats, principalement américains, ou encore de gens au parcours atypique (banquier londonien, ancien serveur en Normandie... ). Il y aurait une vingtaine de Français au total. Ces volontaires étrangers ont eu besoin de quelques semaines seulement pour organiser un tel périple. Une vingtaine de soldats occidentaux seraient décédés. Le YPG n'est pas considérée comme une organisation terroriste par la France. Paris fourni d'ailleurs des armes et a déployé des conseillers militaires pour conseiller les Forces démocratiques Syriennes dont fait partie le YPG.

SELAOUIT | Ur breizhad er Rojava. Pennad klok (27mn) - Tudi Crequer