Faits divers – Justice

Explosion de LyonDellBasell à Berre : l'enquête penche pour une piste interne

Par Marion Bernard, France Bleu Provence et France Bleu mardi 15 septembre 2015 à 6:00

L'explosion avait provoqué un panache de fumée visible à plusieurs kilomètres
L'explosion avait provoqué un panache de fumée visible à plusieurs kilomètres © Max PPP - Serge Gueroult

Deux mois pile, ce lundi, après l'incendie de la raffinerie LyonDellBasell de Berre-L'Etang, les enquêteurs, qui avaient rapidement établi la thèse de l'acte criminel, ont déjà recueilli des éléments d'importance. Ils privilégieraient désormais la piste interne à l'entreprise.

"C'est un travail de longue haleine, mais il y a de l'espoir" confie une source proche des enquêteurs de la cellule spéciale, que la Section de Recherche de la Gendarmerie Nationale a chargé de ce dossier. Le 14 juillet dernier, une explosion avait réveillé, à 3 heures du matin, les habitants du pourtour de l'étang de Berre, et avait vite enflammé_ _deux cuves de 11 000 et 48 000 m3, heureusement sans faire de blessés. 

Après avoir évoqué la piste de l'attentat terroriste, puis de l'acte malveillant délibéré, les recherches semblent se resserrer vers une piste interne à l'entreprise, au sens large : salarié, ex-employé direct ou d'une entreprise sous-traitante, ou même collaborateur externe, d'une entreprise liée de près ou de loin à LyonDellBasel et à son site de Berre.

Plusieurs employés du site, notamment parmi les délégués syndicaux, ont été auditionnés par les gendarmes. Avec, encore présent dans les esprits, le souvenir de gros conflits sociaux, en 2011, entraînés par le projet de fermeture de l'activité raffinerie du pôle de Berre.

Le but : paralyser l'activité du site

Une certitude : les trois système de mise à feu retrouvés sur trois gigantesques cuves du site (dont un qui ne s'est pas déclenché) étaient loin d'être rudimentaires. Le geste commis le 14 juillet dernier dans l'enceinte de ce site - pourtant fermé par une clôture de 18 km - avait donc un but précis : paralyser la raffinerie de la firme américaine, techniquement, mais aussi économiquement.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les américains seraient attentifs aux avancées de l'enquête : le naphta contenu dans les cuves, et évaporé dans les airs lors de ces explosions, est un produit très coûteux : près de 600 dollars le m3. Lyondellbasell a déjà, sans doute, remercié les pompiers, qui ce matin-là en éteignant les cuves lui ont aussi évité que 24 millions d'euros ne partent en fumée.