Faits divers – Justice DOSSIER : L'explosion du vapocraqueur de Carling en Moselle

Explosion du vapocraqueur de Carling : Total et l'ancien directeur du site renoncent à leur appel

Par Clément Lhuillier et Rachel Noël, France Bleu Cotentin, France Bleu Lorraine Nord et France Bleu jeudi 3 novembre 2016 à 12:16 Mis à jour le jeudi 3 novembre 2016 à 18:33

Le vapocraqueur de la plateforme pétrochimique de Carling
Le vapocraqueur de la plateforme pétrochimique de Carling © Maxppp - Alexandre MARCHI

Condamnés en juin 2016 dans le procès de l'explosion du vapocraqueur de la plateforme pétrochimique de Carling, Total et l'ancien directeur du site annoncent jeudi qu'ils se "désistent de leur appel du jugement." L'accident avait causé la mort de deux salariés de 21 et 28 ans en juillet 2009.

La société Total Petrochemicals France (TPF) et l'ancien directeur du site de Carling, Claude Lebeau, condamnés en juin 2016 par le tribunal correctionnel de Sarreguemines, dans le cadre du procès de l'explosion du vapocraqueur de la plateforme pétrochimique de Carling, annoncent lundi qu'ils renoncent à l'appel qu'ils avaient formé contre cette condamnation.

Total avait été condamné à 200.000 euros d'amende, et Claude Lebeau à un an de prison avec surcis et 20.000 euros d'amende après cet accident industriel qui avait causé, en juillet 2009, la mort de deux personnes. (Voir notre dossier sur l'explosion du vapocraqueur de Carling)

Les familles soulagées

Cet été, Véronique Lemerre la mère de Maximilien, le jeune apprenti de 21 ans, décédé dans l'accident avait écrit un courrier au PDG de Total, Patrick Pouyanné suite à l'appel formé par la société. Trois pages dans lesquelles elle raconte sa douleur

"Quelle est ma peine à moi d’aller sur la sépulture de mon fils quotidiennement et définitivement ? Quelle est ma peine à moi, comparée à un directeur qui a coupé des sécurités et qui connaissait le problème ?"

Aprés 8 ans de combat, Véronique est soulagée par la décision de désistement de Total.

"Je voulais leur dire simplement soyez humain. Reconnaissez que vous avez tué mon fils. Je ne me suis pas battu pour rien. C’est un combat difficile, lourd de conséquences, mais ça en valait la peine pour l’honneur de mon fils"

Une question d’humanité pour Total

Le PDG accepte de la rencontrer. A ce moment, il lui indique qu'il va sans doute renoncer à poursuivre l'appel. Ce désistement, après le dialogue avec les familles des victimes, c’est une question d’humanité pour Jean Benoit LHOMME, l'avocat de Total. : "C’est une décision prise en considération de valeurs d’humanité, pour faire en sorte que les victimes n’aient pas à vivre un second procès. Mais ce n’est pas une reconnaissance de culpabilité. Total prend simplement ses responsabilités en considération de ce qui est vécu par les victimes".

Une reconnaissance de culpabilité pour les parties civiles

Les parties civiles y voient aussi la reconnaissance de culpabilité de l'entreprise et du directeur du site, qui au procès avaient demandé la relaxe. Laurent Paté, avocat d'une des parties civiles : "Ce désistement c’est la constatation qu’il y a certainement quelque part des fautes. C’est admettre que la responsabilité de la société et de son directeur sont acquises et qu’il n’y a pas de chances d’obtenir une meilleure décision en appel"

Le volet pénal du dossier est donc clos. Reste la procédure au civil. Des discussions sont en cours pour trouver des accords financiers.