Faits divers – Justice

Expulsion du camp Valmy : décision remise par le tribunal administratif à la semaine prochaine

Par Julien Morin, France Bleu Isère jeudi 20 avril 2017 à 15:18

Les occupants du camp Valmy se sont ensuite rassemblés sur le parvis de la Mairie pour protester contre une éventuelle expulsion
Les occupants du camp Valmy se sont ensuite rassemblés sur le parvis de la Mairie pour protester contre une éventuelle expulsion © Radio France - Alexandre Fremont

Devant le Tribunal administratif jeudi matin, la Ville de Grenoble a demandé l'expulsion des occupants du camp Valmy, situé en face du stade des Alpes. Environ 150 demandeurs d'asile pour la plupart y sont installés depuis début février. Le juge des référés rendra sa décision dans une semaine.

Entre le collectif Grenoble à Cœur opposé au nouveau plan de circulation porté par la Ville et la Métropole de Grenoble, et les habitants du camp Valmy, opposés à la demande d'expulsion lancé par la mairie : la population devant le Tribunal administratif de Grenoble jeudi matin était bien varié. Concernant le deuxième dossier : la Ville a assigné les habitants de ce camp composé de quelques 150 personnes - principalement des demandeurs d'asile - pour des raisons de sécurité, d'insalubrité, et l'occupation d'un espace public. Depuis début février, et plus encore avec la fin de la trêve hivernale, des tentes, des baraquements poussent le long du boulevard Valmy, en face du stade des Alpes.

"S'il y a évacuation, le maire pourra dire que c'est le juge qui a décidé"

- Raphaël Juy, du collectif Assemblée des locataires mal logés

Dans son exposé, l'avocat de la ville de Grenoble dresse un constat d'urgence pour ce camp : déjà plus d'une centaine d'habitants , pas d'eau ni d'électricité, des conditions de sécurité qui ne sont pas réunies. Il n'y a pas "péril en l'état" précise Xavier Delachenal, ce n'est "pas encore le même cas de figure qu'Esmonin". En juillet 2015, le camp avait été évacué suite à un arrêté de la ville de Grenoble. Cette fois-ci, la Ville passe devant le Tribunal pour obtenir une autorisation, précisément pour ces raisons. Pour l'avocat de la partie adverse, Alban Costa, "c'est un moyen de se dédouaner". "Le maire veut laisser au juge la responsabilité de l'évacuation" poursuit Raphaël Juy, issu du collectif Assemblée des locataires mal logés qui dort sur le camp depuis plusieurs semaines au côté de ses occupants.

La décision du juge des référés sera rendu la semaine prochaine

A la fin de la séance, quelques uns des occupants attendent impatiemment leur avocat avant de prendre la direction de l'Hôtel de Ville pour un rassemblement. "Ils ne peuvent pas expulser avant une réponse" demande l'un, "à mon avis, ils attendront le jugement du tribunal" répond leur avocat. Une femme traduit pour ceux qui ne comprennent pas le Français. En fin d'exposé, ce dernier a plaidé l'irrecevabilité de la requête de la mairie, demandant toute fois que "si expulsion il devait y avoir, c'est la moindre des choses qu'il y ait un délai raisonnable pour qu'il puissent partir avec un peu de dignité. Qu'on ne se contente pas de les remettre du jour au lendemain à la rue, et les condamner à revivre la même chose 50 ou 60 mètres plus loin." Décision dans ce dossier la semaine prochaine.