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Faits divers – Justice

Mort de Robert Boulin : "Il est temps de dire la vérité sur toutes les affaires couvertes par le secret"

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Par , France Bleu Gironde, France Bleu

La fille de l'ancien député-maire de Libourne a pris l'initiative à la veille des 40 ans de la mort de son père, d'organiser une reconstitution en forêt de Rambouillet. Elle affirme que cette reconstitution prouve indiscutablement que Robert Boulin a été assassiné et qu'il ne s'est pas suicidé.

Fabienne Boulin lors de la reconstitution privée lundi en forêt de Rambouillet
Fabienne Boulin lors de la reconstitution privée lundi en forêt de Rambouillet © Radio France - Ariane Griessel

Libourne, France

40 ans après sa mort, une cérémonie d' hommage à Robert Boulin, ancien ministre du travail de Valéry Giscard d'Estaing, se tient ce mercredi 30 octobre dans la ville de Libourne dont il a été maire. Sa fille Fabienne Boulin était l'invitée de France Bleu Gironde ce mercredi. Elle continue de se battre pour faire éclater la vérité, prouver qu'il ne s'agit pas d'un suicide mais d'un assassinat politique. Lundi, elle a organisé une reconstitution privée. Ce que la justice a refusé jusqu'ici.

France Bleu Gironde : A quoi a servi cette reconstitution privée que vous avez organisé lundi en forêt de Rambouillet ?

Fabienne Boulin : "D'abord c'est la première fois qu'une partie civile est obligée d'organiser elle-même une reconstitution que j’appelle moi 'citoyenne'. Elle a apporté non seulement des révélations, mais aussi des confirmations. D'abord que mon père n'est pas mort noyé, c'est une assurance, il a été tabassé à mort et on l'a jeté dans l'étang. Ensuite, qu'il y a eu une mise en scène pour tenter de faire accréditer la thèse du suicide par noyade.  Vous vous souvenez peut-être qu'à 3h du matin ce 30 octobre 1979, c'est à dire 6h avant qu'on ne découvre le corps, le directeur de cabinet de Raymond Barre annonçait la mort de mon père. Donc la thèse six heures avant était faite."

Ces éléments peuvent-ils être intégrés au dossier ? Ont-ils une valeur juridique ?

Et bien nous pouvons toujours déposer nos conclusions auprès du juge, et faire valoir ce que nous y avons appris, cela fera partie du dossier.

Pourquoi la justice a-t-elle toujours refusé d'ordonner cette reconstitution ?

Mais parce qu'à l'évidence, elle aurait remis en cause la thèse du suicide qui était la thèse d'état. C'est un crime d'état qu'on nous a annoncé à coups de mensonges ! Cette mort a été provoquée par des coups et non pas par une noyade. Donc il y a toujours eu une volonté de ne pas dire la vérité sur cette mort, et pour c'est pour cette raison qu'il n'y a jamais eu de reconstitution.

"On est à un point de bascule"

En 2015, vous aviez obtenu la réouverture de l'enquête, qui avait suscité un immense espoir pour vous. Que dites-vous 4 ans après ?

Je regrette d'abord que la première juge que je trouvais remarquable ait démissionné pour des raisons personnelles. Depuis, il y a une inertie insupportable. On a demandé une quinzaine d'auditions, et cinq ou six personnes seulement ont été entendues. Donc à ce rythme là, cela va durer encore 20 ans, or les témoins qui n'ont pas été interrogés sont déjà très âgés et nous n'avons plus ce temps. 

Avez-vous l'impression que la justice joue la montre ?

Oui, cela fait 40 ans que la justice joue la montre. Ce qui me dérange c'est ce que ces témoins ont subi des pressions insupportables pour ne pas dire ce qu'ils ont vu. On est au point de bascule : voulons-nous rester à l'ancienne Ve République qui couvre ce mensonge, ou voulons entrer dans une nouvelle Ve République?

"Comme dans l'affaire Audin"

Avez-vous confiance aujourd'hui en la justice de votre pays ?

Non, je n'ai pas confiance car il  y a des gens qui sont très bien et d'autres qui sont très soumis au pouvoir et qui veulent encore protéger la raison d'Etat. Ce ne sont pas des gens indépendants et il faut avoir la chance de tomber sur des gens qui travaillent bien. Je voudrais qu'il y ait une prise de conscience d'Emmanuel Macron, pour que tous ces témoins puissent calmement et sereinement être entendus. Comme il l'a fait dans l'affaire Audin, il est peut-être temps maintenant de dire la vérité sur toutes les affaires qui sont couvertes par le secret.

Si vous aviez la possibilité d'avoir votre père en face de vous aujourd'hui, que lui diriez-vous ?

Que son pays s'est beaucoup abîmé, lui qui a été résistant, qui était un homme honnête, maintenant ce sont souvent les intérêts partisans qui passent en premier.

Fabienne Boulin : "Mon père est mort parce qu'il a été tabassé, et non parce qu'il s'est noyé!"

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