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Face aux agressions qui se multiplient, les pompiers des Pyrénées-Orientales s'équipent de caméras mobiles

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Par , France Bleu Roussillon

Depuis début 2020, plusieurs casernes des Pyrénées-Orientales. sont équipées de caméras mobiles. D'un effet dissuasif, elles enregistrent des images qui peuvent servir en cas de procès car les pompiers sont incités à déposer plainte dès qu'ils sont victimes d'atteintes verbales ou physiques.

22 caméras ont été distribuées dans sept casernes du département, pour un budget total de 16 000 euros
22 caméras ont été distribuées dans sept casernes du département, pour un budget total de 16 000 euros © Radio France - SDIS66

C'est un phénomène qu'ils ne connaissaient pas, ou peu, mais en pleine augmentation ces dernières années : les plaintes déposées par des pompiers pour des agressions en intervention ont augmenté de 20% entre 2018 et 2019 en France. L'an dernier, 23 ont été déposées rien que dans les Pyrénées-Orientales, pour des atteintes verbales ou physiques.

Pour tenter d'endiguer le phénomène, une expérimentation est menée dans une dizaine de départements jusqu'en février 2022. Les pompiers sont équipés de caméras posées sur la poitrine, qu'ils peuvent déclencher dès que la situation devient tendue.

Des caméras à l'effet dissuasif

Pour le moment, 22 caméras ont été distribuées dans sept casernes : Perpignan nord et sud et Rivesaltes en janvier, et depuis le 14 juillet, Canet, Saint Cyprien, Argelès et Le Barcarès, qui en a reçu trois. Elles seront emmenées systématiquement en intervention, car si généralement ça se passe bien, les choses peuvent soudainement mal tourner. "Dans ce cas, je préviens que je vais filmer", explique l'adjudant Damien Desmyter en désignant l'appareil sanglé sur sa poitrine. "Cela peut avoir un effet dissuasif, mais si ça ne suffit pas, je n'ai qu'à appuyer sur un bouton. La caméra enregistre alors toutes les images."

"Est-ce que je pars rassuré ? Non, car ce n'est pas une caméra qui va me protéger d'une agression physique. Mais cela pourra servir dans le cas de poursuites pénales" - Adjudant Damien Desmyter

En cas de procès, ces images viendront s'ajouter aux témoignages des personnes agressées. Mais paradoxalement, l'arrivée de ce dispositif peut être difficilement vécu par certains pompiers. "Ce n'est pas culturel pour les pompiers", constaté le commandant Denis Pagès, chargé du déploiement de ces caméras dans les Pyrénées-Orientales. "Quelqu'un qui s'engage ne peut pas penser qu'il va faire l'objet d'une agression. Pourtant, régulièrement nos personnels sont victimes d'insultes, de situations de tension qui ne donnent pas lieu à des signalements."

Vers un dépôt de plainte systématique

Jusqu'ici, les caméras du département n'ont jamais été déclenchées. "Mais cela va arriver, et il va falloir systématiser le dépôt de plainte", affirme Denis Pagès. "Il faut que le comportement de la société change, et pour cela, il faut qu'on passe à une répression qui n'accepte pas ces comportements. La caméra mobile va nous permettre de disposer de preuves pour que la justice prononce des sanctions à la hauteur."

L'expérimentation concerne en Occitanie les Pyrénées-Orientales et la Haute-Garonne. La troisième vague du déploiement est soumise à réflexion, il est question de renforcer les casernes déjà équipées, puis d'en fournir à tous les centres de secours du département si l'expérimentation est jugée concluante en février 2022. 

Dans le département, chaque caméra a coûté 260 euros pièce, auxquels s'ajoute une borne de déchargement des images par caserne à 1.500 euros pièce, soit un budget d'un peu plus de 16.000 euros. Les images, cryptées, ne pourront être exploitées que par des personnes habilitées, et seront détruites après six mois si elles ne servent pas dans le cadre d'une procédure judiciaire.

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