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Faits divers – Justice

Facebook au cœur d'un scandale sur l'utilisation illégale des données personnelles

mardi 20 mars 2018 à 22:00 - Mis à jour le mercredi 21 mars 2018 à 10:00 Par Géraldine Houdayer, France Bleu

Depuis lundi, Facebook est au cœur d'une très grosse polémique sur l'utilisation illégale des données personnelles de millions d'utilisateurs par une entreprise britannique liée à la campagne de Donald Trump, Cambridge Analytica. Une polémique en passe de devenir un immense scandale.

La société Cambridge Analytica et son patron sont accusés d'avoir volé les données personnelles de millions d'utilisateurs de Facebook.
La société Cambridge Analytica et son patron sont accusés d'avoir volé les données personnelles de millions d'utilisateurs de Facebook. © AFP - Daniel LEAL-OLIVAS

Depuis ce lundi, Facebook se retrouve au centre d'une polémique de très grande ampleur autour de l'utilisation indue des données personnelles de millions d'utilisateurs par une société liée à la campagne de Donald Trump. Ce scandale touche le cœur du modèle économique de Facebook, qui a vu son cours chuter en Bourse. Les autorités britanniques et européennes demandent des comptes au patron de Facebook. 

Qui est Cambridge Analytica, la société accusée d'avoir volé les données de millions d’utilisateurs ? 

La société britannique Cambridge Analytica est spécialisée dans la communication stratégique. Elle possède des bureaux au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, et a travaillé pour la campagne du républicain Donald Trump en 2016. Elle est accusée d'avoir récupéré, sans leur consentement, les données de 50 millions d'utilisateurs pour élaborer un logiciel permettant de prédire et d'influencer le vote des électeurs américains pendant la campagne électorale.

Une application de tests psychologiques en cause 

Ces données auraient été récupérées via une application de tests psychologiques, téléchargée par 270.000 utilisateurs du réseau social, et développée notamment par le psychologue russe Aleksandr Kogan, qui, selon Facebook, les a ensuite fournies indûment à la société britannique. Facebook a précisé que l'application avait aussi pu avoir accès aux données des "amis" des utilisateurs ayant téléchargé l'application.

Cambridge Analytica dément... puis limoge son patron 

Lundi, la société Cambridge Analytica a vigoureusement démenti ces informations. Mais ce mardi, la société a suspendu son patron, Alexander Nix, avec "effet immédiat dans l'attente d'une enquête complète et indépendante". Dans un enregistrement vidéo réalisé en caméra cachée et diffusé par la chaîne britannique Channel 4 ce mardi, Alexander Nix a affirmé que  que son cabinet d'analyse a joué un rôle décisif dans la victoire de Donald Trump

"Nous avons fait toutes les recherches. Nous avons trié toutes les données. Nous avons fait toutes les analyses. Nous avons tout ciblé. Nous avons dirigé toute la campagne digitale et nos données alimentaient leur stratégie", a expliqué Alexander Nix lors de cet entretien filmé en secret dans un hôtel de Londres.

Le patron de Facebook sommé de venir s'expliquer devant les autorités britanniques et européennes 

Devant l'ampleur du scandale, et jugeant que Facebook a jusqu'ici "constamment sous-estimé le risque" d'acquisition de données personnelles et fourni des réponses "trompeuses", une commission parlementaire britannique a demandé mardi à son patron, Mark Zuckerberg, de venir s'expliquer devant elle. Et lui a donné jusqu'à lundi pour répondre. Le jeune milliardaire a également été invité à s'exprimer devant le Parlement européen, dont le président Antonio Tajani a annoncé lundi que les eurodéputés allaient "enquêter pleinement" sur cette "violation inacceptable des droits à la confidentialité des données".

Facebook se dit "scandalisé" et chute en Bourse 

De son côté, Facebook s'est dit "scandalisé d'avoir été trompé" et a annoncé la fermeture du compte de Cambridge Analytica. La société a également engagé un cabinet d'audit numérique pour faire la lumière sur cette affaire. Facebook indique également "comprendre la gravité du problème". Les accusations ont fait perdre à l'action Facebook plus de 10% depuis le début de la semaine à Wall Street.

L'opinion publique manipulée par les géants du numérique ? 

Derrière cette affaire, les soupçons répétés contre Facebook, mais aussi Twitter ou Google, d'avoir servi à des entités liées à la Russie pour manipuler l'opinion publique, en particulier lors de la campagne présidentielle américaine ou celle du référendum sur le Brexit en 2016. Ils sont aussi régulièrement accusés de ne pas assez protéger les données personnelles de leurs utilisateurs, qui sont la base de leur modèle économique.