Faits divers – Justice

Familles et amis sont venus rendre un dernier hommage à Marina à Poitiers

Par Clémence Dubois-Texereau, France Bleu La Rochelle et France Bleu Poitou samedi 4 novembre 2017 à 19:17

Plus de 300 personnes étaient présentes.
Plus de 300 personnes étaient présentes. © Radio France - Clémence Dubois-Texereau

Une cérémonie religieuse a eu lieu ce samedi à l'église protestante Baptiste à Poitiers pour rendre hommage à Marina. Cette éducatrice spécialisée de 39 ans a été tuée alors qu'elle était sur son lieu de travail le 28 octobre dernier.

Plus de 300 personnes se sont rassemblées en hommage à Marina, cette éducatrice spécialisée, tuée le 28 octobre au lieu de vie pour mères isolées Cécile et Marie-Anne à Poitiers. Elle a été poignardée par l'une des occupantes de la résidence, une mère de 20 ans.

Marina avait "dédié sa vie aux autres" selon ses proches. Une vocation, selon sa mère, "aider les faibles, les malheureux, les oubliés". Une vocation à tel point que cela deviendra son métier en tant qu'éducatrice spécialisée. Les témoignages se sont multipliés à l'église protestante Baptiste à Poitiers. Famille, amis, collègues et membres de la communauté était présents pour celle qui s'était fait baptisée au printemps dernier et qui depuis assistait régulièrement aux offices.

Tu es partie ce foutu samedi, un des proches de Marina

Parmi ses proches c'est l'incompréhension. "Une femme a eu je ne sais quelle idée et t'as tuée" indique son frère. avant de poursuivre "depuis on ne mange plus et on ne dort plus. Mais je sais que tu reposes en paix". Sa belle-fille en larmes évoquent des projets qui s'écroulent tout à coup : "On devait vivre ensemble à Poitiers avec papa, ça n'arrivera pas."

Une cellule psychologique en place

Après le drame, une cellule psychologique a directement été mise en place pour les collègues de Marina mais aussi pour tous les agents du département. Trois personnes y ont déjà eu recours. D'autres pourraient en ressentir le besoin avec la fin des vacances selon Marie Desroses, vice-présidente du département en charge du personnel: "des personnes vont reprendre le travail lundi et vont avoir des interrogations, des inquiétudes, des bouleversements. Il faut pouvoir s'exprimer et évacuer tout ce qu'on peut ressentir dans ces moments-là, c'est important de le faire rapidement".

On est en première ligne, une éducatrice spécialisée

Certaines personnes présentes à la cérémonie ne connaissait pas Marina mais se sentait proche de cette Charentaise de 39 ans. "Nous faisons le même métier, on sait ce que c'est que d'avoir des menaces, d'être face à des personnes qui ont des problèmes" note une éducatrice spécialisée qui souhaite rester anonyme. "Parfois, les gens s'énervent sur nous parce qu'ils ont rencontré tel ou tel problème dans la journée".

Pour les collègues de Marina, pas question de retourner travailler dans le lieu de vie Cécile et Marie-Anne. Le centre est d'ailleurs toujours fermé. Les femmes qui y vivaient ont été relogées. Le département doit se réunir pour savoir quoi faire de l'établissement.

Marina elle a été inhumée à Blanzac en Charente d'où elle est originaire.