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Faut- il mieux contrôler le stockage de nitrate, responsable des explosions d’AZF et de Beyrouth ?

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Par , France Bleu Occitanie, France Bleu

La France Insoumise réclame la création d'une commission d'enquête parlementaire sur les sites de stockage de nitrate d'ammonium en France. La substance chimique à l’origine des explosions meurtrières d’AZF à Toulouse en septembre 2001 et de Beyrouth début août.

La France Insoumise réclame une commission d'enquête parlementaire sur le stockage du nitrate d’ammonium responsable des explosions d'AZF à Toulouse en 2001 et de Beyrouth en Août 2020
La France Insoumise réclame une commission d'enquête parlementaire sur le stockage du nitrate d’ammonium responsable des explosions d'AZF à Toulouse en 2001 et de Beyrouth en Août 2020 © Maxppp - THIERRY BORDAS

La France Insoumise a réclamé ce mardi 22 septembre à l'Assemblée la création d'une commission d'enquête parlementaire sur les sites de stockage de nitrate d'ammonium en France, substance chimique associée aux explosions meurtrières d'AZF à Toulouse en septembre 2001 et de Beyrouth début août.

Les Insoumis portent une proposition de résolution en ce sens, cosignée par des députés de "sept groupes différents": LFI, communiste, socialiste, UDI, Agir Ensemble, EDS et Libertés et Territoires, a indiqué la députée Mathilde Panot, vice-présidente du groupe de Jean-Luc Mélenchon. 

"Hier (21 septembre), c'était l'anniversaire du drame d'AZF à Toulouse où, il y a 19 ans, 31 personnes sont mortes et 2.500 blessées", a souligné la parlementaire, avant de rappeler les récentes explosions à Beyrouth qui ont fait plus de 190 morts et 6.500 blessés.

Pas assez d’inspections des sites à risque

Pour le cas français, l'élue du Val-de-Marne juge qu'il faut "s'interroger sur la gestion des risques industriels dans notre pays". Elle met en cause le "désengagement de l'Etat", avec des "effectifs dérisoires" pour inspecter les installations. 

Mathilde Panot pointe aussi du doigt la "réglementation qui n'impose toujours pas le référencement des stockages de nitrate d'ammonium inférieurs à 250 tonnes", notamment dans l'agriculture. 

À ses côtés, Paul Poulain, "expert en risques industriels" et engagé dans un "mouvement d'éducation populaire", a souligné que la législation était beaucoup plus sévère dans d'autres pays.

Plus de 300.000 tonnes d’ammonitrates importés

La France consomme d'importantes quantités de nitrate d'ammonium, principalement pour l'agriculture sous forme d'engrais azoté, l'ammonitrate. 

En 2017, la France a importé 332.694 tonnes de nitrate d'ammonium et 823.727 tonnes de nitrate d'ammonium calcique (un mélange de nitrate d'ammonium et de carbonate de calcium) rien que pour les besoins de l'agriculture, selon l'Agence des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO). Elle représentait 8% de la consommation mondiale, selon la fédération internationale des fertilisants (IFA).

108 sites de stockage classés Seveso

Depuis la fin des années 1980, le gouvernement a recensé dix incidents en France susceptibles d'avoir impliqué le nitrate d'ammonium, plus que dans n'importe quel autre pays. 

La législation européenne a été depuis renforcée, notamment pour le stockage, encadré par la directive Seveso 3. Dans l'Hexagone, 108 sites classés Seveso stockent des ammonitrates. 

Le ministère de la Transition écologique recense 16 entrepôts Seveso haut (plus de 2.500 tonnes pour les ammonitrates les plus courants) et 31 sites Seveso bas (à partir de 350 tonnes de nitrate d'ammonium).

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