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Faits divers – Justice

Faux grands crus de Bordeaux : retour à la case justice pour l'ex-footballeur Christophe Robert

jeudi 14 juin 2018 à 21:04 Par Stéphanie Brossard, France Bleu Gironde et France Bleu Loire Océan

L'ex-footballeur Christophe Robert était convoqué ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Bordeaux dans une affaire de vente de faux grands crus classés de Bordeaux. 18 mois de prison ont été requis. Le dossier a été mis en délibéré au 28 juin.

Le tribunal correctionnel de Bordeaux rendra son délibéré le 28 juin.
Le tribunal correctionnel de Bordeaux rendra son délibéré le 28 juin. © Radio France - Stéphanie Brossard

25 ans après l'affaire OM/VA, Christophe Robert, était jugé ce jeudi, devant le tribunal correctionnel de Bordeaux, dans une affaire de tromperie sur des bouteilles de vin. Celui qui est resté tristement célèbre pour avoir avoué avoir caché 250 000 francs à l'époque, dans le jardin de sa tante à Ribérac en Dordogne en 1993 (et condamné à six mois avec sursis dans cette affaire de match truqué), comparaissait pour avoir acheté et revendu l'an dernier, via sa société créée en 2004, 509 bouteilles, censées êtres des grands crus classés 1855, mais qui étaient en réalité, des breuvages qui n'avaient rien de prestigieux. 

Des peines de 18 mois de prison ont été requises (dont "une partie avec sursis" a dit le procureur), contre lui et le forain également poursuivi (qui lui a vendu les faux grands crus).

Aucune intention de fraude

Le visage fermé, visiblement à cran, à peine entré dans la salle d'audience, l'ex-footballeur s'est agacé, d'un geste de main, à la vue des journalistes et photographes dans la salle d'audience. A la barre, il répète, inlassablement durant les trois heures de débats, sa bonne foi, qu'il n'a jamais eu l'intention de frauder. Il raconte aussi que c'était la première fois qu'il achetait du vin à un particulier, un forain, établi près de Béziers, qui tenait lui-même les 509 bouteilles estampillées Gruaud-Larose, Beychevelle, ou Pichon Longueville, de son beau-père décédé. Christophe. Robert a bien eu un doute, dit-il sur l'allure des caisses en bois. Et c'est pour ça qu'il s'est fendu d'un mail avec photo d'ailleurs, à l'un des châteaux pour vérifier. "A postériori" rétorque le procureur. 

"Suffisamment fou pour replonger dans l'enfer judiciaire ?"

"Le problème dans cette affaire, c'est que personne, ni même les négociants (de grands connaisseurs, plus que mon client en tous cas), n'a jamais goûté ce vin, pour avoir des certitudes" s'étonne son avocat, maître Dejean, allant jusqu'à demander, pourquoi, eux, ne sont pas poursuivis ? "Tous ceux qui ont eu ce vin entre les mains auraient du être prévenus cités à l'audience. On a réduit le spectre des poursuites à ce qui était finalement le plus confortable dans une forme d'accusation qui protège la place bordelaise". Pour lui, l'ex-footballeur paie encore pour ce passé sulfureux qui, dit-il, le "hante encore 25 ans plus tard. Et vous le croyez suffisamment fou, pour replonger dans l'enfer judiciaire, alors que sa réputation et sa carrière ont été brisées à jamais ? Et pour seulement 15 euros de marge par bouteille ?  Je crois que s'appeler comme lui n'est pas un avantage aujourd'hui et c'est remettre le couvert de façon brutale".

Discrédit sur la place bordelaise

Pour maître Biais, l'avocat de Château Gruaud-Larose, deuxième grand cru 1855, en plein lancement de "Bordeaux fête du vin", Christophe Robert, a détruit l'image des grands crus 1855 et jeté le discrédit sur les vins de Bordeaux globalement. "S'il avait un doute, sur les caisses comme il l'a reconnu, il aurait du s'abstenir d'acheter et revendre. Tout était contrefait dans ces bouteilles. Il suffisait de bien regarder!".

Le jugement a été mis en délibéré au 28 juin.