Faits divers – Justice

Femme enceinte agressée près de Rouen : ce n'est pas un cas isolé selon le CIDFF

Par Clémentine Vergnaud, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) mercredi 28 septembre 2016 à 11:43

Nathalie Lecordier est la directrice du Centre d'information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) de Rouen.
Nathalie Lecordier est la directrice du Centre d'information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) de Rouen. © Radio France - Jean-François Maison

Trois jours après l'agression d'une femme enceinte à Maromme dans l'agglomération rouennaise, Nathalie Lecordier, directrice du centre d'information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) de Seine-Maritime était l'invitée de France Bleu Normandie ce mercredi 28 septembre.

Ce lundi 26 septembre, une femme de 20 ans enceinte de huit mois a été agressée. Elle a été hospitalisée en urgence au CHU de Rouen et les médecins ont pratiqué une césarienne en urgence. La maman est toujours dans un état grave et son bébé est entre la vie et la mort ce mercredi 28 septembre. Ce matin, Nathalie Lecordier, directrice du Centre d'information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) de Seine-Maritime, était l'invitée de France Bleu Normandie. Pour elle, ce fait divers n'est pas un cas isolé.

Un constat accablant

"En 2016, 138 femmes mourront à cause de violences conjugales en Seine-Maritime." Le constat dressé par Nathalie Lecordier est accablant. La directrice du CIDFF estime que le département fait figure de mauvais élève en la matière. "En 2014, nous avions beaucoup d'homicides et de fémicides. Nous étions juste derrière le département de la Seine-Saint-Denis", détaille-t-elle. Mais selon elle la situation s'est améliorée en 2015. Reste que les violences conjugales représentent un phénomène important en Seine-Maritime d'après Nathalie Lecordier. Il peut se traduire par des violences verbales, psychologiques, sexuelles ou physiques. Des violences parfois couplées.

Seulement 14% de plaintes

Autre chiffre qui inquiète la directrice du CIDFF : la proportion trop faible de femmes à porter plainte suite à des violences conjugales. "Seules 14% des femmes victimes portent plainte", estime Nathalie Lecordier. Pourquoi cette faible proportion ? "Les violences conjugales restent un tabou dans notre société", explique-t-elle. "C'est difficile d'en parler pour les femmes parce qu'elles ont un sentiment de solitude important, elles pensent être les seules à vivre ça. Et puis la plainte implique de sortir de sa sphère privée, ça demande l'intervention d'acteurs extérieurs et ce n'est pas toujours facile pour les femmes de faire cette démarche vers les professionnels." Pourtant, les relais pour les femmes victimes de violences sont nombreux : police et gendarmerie, justice ou encore associations peuvent leur venir en aide "mais ça demande une énergie que ces femmes n'ont plus", déplore Nathalie Lecordier. Selon elle, "il faut être acteur ou actrice de sa vie pour sortir de cette spirale de violences".

Les différents relais d'aide pour les victimes de violences conjugales

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