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Fêtes clandestines : "On a autre chose à faire que d'intervenir pour les 20 ans de Blandine" dit un policier

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Par , France Bleu Occitanie

Le secrétaire adjoint du syndicat de police Alliance dans la région était l'invité de France Bleu Occitanie, pour parler notamment des fêtes clandestines en pleine crise sanitaire, mais aussi de la mobilisation des policiers ce mardi 20 avril.

David Leyraud, secrétaire régional adjoint du syndicat Alliance police Occitanie
David Leyraud, secrétaire régional adjoint du syndicat Alliance police Occitanie © Radio France - Mathieu Ferri

Les syndicats policiers appellent à la mobilisation ce mardi, en réaction au verdict dans le dossier de l'agression de deux policiers en 2016 à Viry-Châtillon. Huit personnes ont été acquittées dans ce dossier. Les policiers estiment que la justice n'est pas assez sévère. À Toulouse, un rassemblement est prévu à 12h30 devant le Palais de justice, à l'appel du syndicat Alliance. Son secrétaire adjoint David Leyraud était l'invité de France Bleu Occitanie ce mardi matin. L'occasion d'évoquer également les interventions pour des fêtes clandestines, ainsi que des renforts de policiers détaillés par Emmanuel Macron.

Vous étiez avec le président de la République lundi à Montpellier. Il confirme 10.000 policiers supplémentaires en France. Il y avait déjà une centaine de postes annoncés à Toulouse, maintenant sept pour Montauban, cinq pour Carcassonne, six à Millau. Ça paraît tout petit, non ? 

Alors effectivement, cela peut paraître tout petit, mais il faut savoir que dans tous ces services, que ce soit dans les départements à taille humaine ou évidemment la Haute-Garonne et la ville de Toulouse, nous étions en souffrance d'effectifs depuis de nombreuses années. Le volume annoncé pour Toulouse est quand même conséquent. C'est une évidence. Moi, je viens de l'Aude, donc je me réjouis de ces cinq postes pour Carcassonne.

Mais qu'est ce que ça peut amener ? Cinq postes à Carcassonne, ça paraît anodin...

C'est une bouffée d'oxygène. Déjà, dans un premier temps, et en tout cas hier, j'ai eu l'opportunité de rencontrer le ministre de l'Intérieur et le président de la République. On avait une question qui était quand même fondamentale : est-ce que ces affectations, ces postes, seront des postes en solde net ? C'est-à-dire : est-ce qu'on prendra en compte aussi le fait qu'il y a des départs à la retraite ? Parce que si vous avez cette affectation à Montauban et qu'il y a quatre départs à la retraite, au final, ça fait seulement trois postes de plus [sur les sept annoncés, NDRL]. Donc, le président de République et le ministre de l'Intérieur l'ont confirmé : ce sont des postes en solde net et ça, pour nous c'était important. Si vous avez 25 départs à la retraite à Toulouse et qu'il y a une centaine affectations, ça fait 125 policiers qui devraient arriver à Toulouse. C'est l'engagement qui a été pris devant les Français, mais aussi devant nous, syndicat.

Vous avez parlé aussi de Viry-Châtillon avec le président et le ministre. On sait que cette histoire agace beaucoup des policiers...

C'est un symbole. C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase parce que le symbole derrière, derrière ce que nous avons vu, derrière les décisions qui ont été prises, c'est qu'une meute, parce qu'il faut employer les termes, une meute de 16 individus peut foncer sur des véhicules de police, briser la vitre, jeter un cocktail Molotov et coincer la portière pour empêcher un père, une mère de famille de sortir du brasier. Je ne vois pas comment on peut faire cela comme ça, peut-être un acte réfléchi, collectif, et ressortir d'un tribunal relaxé. 

Les policiers sont écœurés par ce qu'ils ont vu, mais ne nous voilons pas la face : tous les jours, dans tous les tribunaux de France, il y a des décisions qui vont dans ce sens-là. Des individus qui frappent, qui jettent des pavés, qui écrasent des policiers et qui ressortent totalement libres. Nos policiers et nos collègues sont blessés. 

Vous dites qu'il faut un observatoire de la réponse pénale. Ça veut dire quoi ? 

Très clairement, il y a des observatoires un peu de tout en France. Je crois qu'il est important que les concitoyens sachent où nous en sommes de la réponse pénale, c'est à dire qu'est-ce qu'on adresse comme réponse pénale à ceux qui agressent tous les jour, à ceux qui mettent le feu à notre pays, tout simplement. Donc, la réponse pénale, c'est simple. 

L'objectif de l'observatoire de la réponse pénale, c'est de pouvoir établir clairement, quand des faits sont commis, quelle est la peine encourue. D'après le Code pénal, quelle sera la peine prononcée au tribunal et enfin quelle sera la peine réellement effectuée, parce qu'aujourd'hui vous pouvez agresser quelqu'un, vous pouvez vous mettre à trois pour agresser une femme, lui voler son sac à main, elle aura la clavicule brisée. Vous allez passer au tribunal. Six mois de prison ferme prononcée, par exemple. Mais en fait, vous ne ferez pas une seule journée en prison. Et ça, c'est important de pouvoir y voir clair. 

Dans l'actualité aussi, il y a les fêtes clandestines dont on parle beaucoup en ces temps de confinement. Est ce que vous, vous constatez sur les zones police en Occitanie qu'il y en a vraiment des fêtes clandestines ? Est-ce que c'est un phénomène qu'on ressent ?

Évidemment, comme tout est fermé, il y a plus de fêtes à domicile. Mais soyons clairs : entre une rave party qui a réuni 5.000 personnes et les 20 ans de Blandine au troisième étage, porte de droite, où il y a sept personnes... Ce n'est pas bien, parce que sept,  ça dépasse les six, mais je crois que c'est un faux débat aujourd'hui en France.

Mais est-ce que vous avez les moyens de les traquer, ces fêtes clandestines ?

Alors, vous pouvez faire confiance à un certain nombre de nos concitoyens qui n'hésitent pas à téléphoner. Mais il téléphonaient déjà en temps normal quand il y avait un peu trop de bruit. Et évidemment, aujourd'hui, comme de toute façon, vous n'avez pas le droit de sortir le soir, forcément, il y a quelques quelques petits regroupements de cinq personnes qui vont fêter un anniversaire, qui vont se regrouper et qui vont se retrouver parce qu'on ne peut pas le faire à l'extérieur, parce que tout est fermé et qu'on n'a pas le droit de sortir. Donc, forcément, il y a un peu plus de de ces soirées, si je puis dire, mais il n'y a pas d'explosion

Et je vais quand même vous le dire : ce n'est pas la priorité de la police nationale parce que la délinquance, elle, elle n'est pas confinée. La voyoucratie, elle, elle n'est pas en état de couvre-feu. Donc, les policiers doivent être sur le terrain. C'est ce que disait d'ailleurs le président de la République lundi. 

Nous, on dit banco : débarrassez nous d'un certain nombre de missions indues, laissez les policiers travailler sur le terrain et amenez une réponse pénale quand on interpelle quelqu'un, voilà ce qu'on l'on demande.  

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