Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Fichier des casseurs : utile ou dangereux en Côte-d'Or ?

mardi 8 janvier 2019 à 19:20 Par Anne Pinczon du Sel, France Bleu Bourgogne

Ficher les casseurs pour leur interdire de manifester. C'est ce que souhaite faire le Premier ministre Edouard Philippe dans le cadre d'une nouvelle loi sur la sécurité. Mais ces annonces divisent en Côte-d'Or.

Un incendie rue de la préfecture à Dijon le 5 décembre
Un incendie rue de la préfecture à Dijon le 5 décembre © Radio France - Lila Lefebvre

Côte-d'Or, France

Comment faire pour limiter la violence dans les manifestations ? Edouard Philippe a voulu répondre à cette question lundi soir, en annonçant une nouvelle loi "anticasseurs". Si les mesures annoncées par le Premier ministre étaient réclamées depuis longtemps par certains syndicats de police, d'autres voix s'élèvent en Côte-d'Or pour faire part de leurs inquiétudes. 

Ce que prévoit le gouvernement, c'est de créer un fichier pour recenser les casseurs. Sur le modèle des hooligans qui sont interdits de stades, ces casseurs pourraient être interdits de manifestation, sur décision du préfet. "Ce serait un fichier national, qui nous permettrait lors des contrôles d'identité d'écarter automatiquement les casseurs, explique Stephan Ragonneau, le délégué régional du syndicat de policiers Alliance. Le but n'est pas d'interdire les manifestations, mais de permettre qu'elles se passent normalement, sans violence." Le représentant des policiers estime toutefois que si les mesures annoncées par Edouard Philippe vont dans le bon sens, elles ne sont pas suffisantes, notamment "parce qu'on est dans l'immédiateté, on sait qu'il y aura des violences dès samedi, et ça, les mesures ne permettent pas d'y répondre." 

Comment distinguer les casseurs des gilets jaunes ? 

Mais les contours de cette loi et de ce fichier sont encore assez flous. Sur quels critères seront fichés les casseurs ? Pour combien de temps ? Pierre-Henry Billard, avocat au barreau de Dijon estime qu'il y a déjà suffisamment de fichiers en France et que ce qui se passe dans les stades ne peut pas s'appliquer dans la rue : "on a des gens qui sont des casseurs, qui portent un gilet jaune, et qu'on ne peut pas distinguer du citoyen lambda qui vient pour crier sa révolte. C'est malheureusement _le prix à payer pour la liberté de manifester_. Sinon il faut rétablir l'état d'urgence, et interdire les manifestations, mais c'est dangereux pour la démocratie." 

Mais Stephan Ragonneau, du syndicat Alliance, affirme qu'à Dijon, "nous avons affaire toujours aux mêmes personnes. Les renseignements territoriaux nous informent, et nous savons que nous allons rencontrer et interpeller les mêmes individus, que nous présentons devant la justice et qui bien souvent ressortent libres du tribunal." 

A la ligue des droits de l'homme de Dijon, Paul Garrigues s'inquiète pourtant du pouvoir renforcer qui serait donné au préfet : "s'il doit y avoir une interdiction quelle qu'elle soit, il faut qu'il y ait une décision de justice. Augmenter le pouvoir du préfet, qui est quand même un représentant du gouvernement, par rapport à un droit constitutionnel, c'est aberrant."  

"Le fichage, c'est mettre nos concitoyens dans des cases, parfois jusqu'à la fin de leur vie"

"Il ne faut pas oublier que les fichiers c'est une façon d'étiqueter nos concitoyens, souligne Pierre-Henry Billard. On ne peut pas décider comme ça qu'untel est un casseur, untel un syndicaliste, et que ça serve ensuite à prendre des décisions. Dans le mouvement des gilets jaunes, certains sont entraînés par l'effet de groupe, ils ne seront peut-être impliqués ponctuellement, qu'une seule fois dans leur vie, est-ce qu'on va leur attacher cette qualité de casseurs pour le restant de leurs jours ? "