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Fifa : sept arrestations, deux enquêtes ouvertes, des attributions de Coupes du monde suspectes

- Mis à jour le -
Par France Bleu

Sept cadres de la Fifa ont été arrêtés mercredi à Zurich, pour des faits de corruption présumée. La justice américaine enquête sur un système de pots-de-vin présumé. En parallèle, la justice suisse a également ouvert une enquête sur l'attribution des Coupes du monde de 2018 et 2022.

Le siège de la Fifa, à Zurich
Le siège de la Fifa, à Zurich © Maxppp

La Fifa a été frappée mercredi par un double séisme avec l'arrestation de sept responsables soupçonnés de corruption notamment pour le Mondial-2010, à la demande de la justice américaine, et parallèlement la perquisition de son siège zurichois pour les Mondiaux 2018 et 2022.   

Le président Joseph Blatter (79 ans) briguera un cinquième mandat lors de l'élection maintenue vendredi au congrès de l'organisation mondiale du football.

Arrestations à l'hôtel

Tout a commencé vers six heures du matin, lorsque des policiers suisses opérant à la demande des autorités américaines se sont présentés à l'hôtel de Zurich où sont logés les principaux dirigeants de la Fifa. Ils y ont interpellé sept élus de la Fifa, soupçonnés d'avoir frauduleusement accepté des dizaines de millions de dollars des années 1990 à nos jours . Les suspects ont été placés en détention et font l'objet d'une demande d'extradition américaine. Seul un des interpellés a accepté la procédure d'extradition simplifiée, selon le ministère suisse de la Justice.   

Au total, neuf élus actuels ou passés de la Fifa et cinq partenaires de l'instance mondiale du football ont été inculpés de corruption, racket et blanchiment à New York, accusés d'avoir reçu ou distribué plus de 150 millions de dollars depuis 1991 , pour les droits de diffusion de tournois internationaux. Parmi les dirigeants visés figurent Jeffrey Webb (Iles Caïman), Eugenio Figueredo (Uruguay), tous deux membres du comité exécutif, et Jack Warner (Trinité-et-Tobago), ex-membre du comité exécutif.

Ce dernier, déjà impliqué dans de nombreuses affaires de corruption, s'est dit "innocent", tout en soulignant que "ces actions internationales coordonnées arrivent à un moment où la Fifa se réunit pour des élections afin de choisir un président qui est universellement détesté par la communauté internationale".

USA en pointe, Mondial-2010 ciblé  

Les interpellations ne sont "que le début" de l'offensive lancée mercredi par la justice américaine, a prévenu le procureur fédéral de Brooklyn Kelly Currie. Signe de l'ampleur du coup de filet, la ministre de la Justice des États-Unis, Loretta Lynch, a elle-même accusé en conférence de presse les personnes poursuivies d'avoir "corrompu les affaires du football mondial pour servir leurs intérêts et pour s'enrichir personnellement". Et elle a lâché une nouvelle bombe, concernant cette fois le Mondial-2010 en Afrique du Sud : "Même pour cet événement historique, des dirigeants de la Fifa et d'autres ont corrompu le processus en utilisant des pots-de-vin pour influencer la décision d'attribution" de la Coupe du monde à un pays africain pour la première fois. "Il ne s'agit que d'allégations", a réagi Dominic Chimhavi, porte-parole de la Fédération sud-africaine. Le même jour, le siège de la Confédération d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf), situé à Miami, a été perquisitionné par des policiers du FBI qui en sont ressortis les bras chargés de cartons.

Perquisition à la Fifa

Dans une procédure distincte, le parquet suisse a annoncé avoir saisi des documents électroniques au siège de la Fifa à Zurich, dans le cadre d'une procédure pénale contre X pour soupçon "de blanchiment d'argent et gestion déloyale" entourant les attributions des Coupes du monde 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar. Cette procédure, ouverte depuis le 10 mars, n'avait pas été rendue publique jusqu'à mercredi.   

Selon Walter De Gregorio, le directeur de la communication de la Fifa, envoyé au front pour une conférence de presse en fin de matinée, cette perquisition est liée à la plainte déposée le 18 novembre par la Fifa pour des soupçons de "transferts internationaux de patrimoine". "Ce n'est pas un jour agréable, mais c'est aussi un bon jour, car les choses avancent et nous avons hâte d'avoir des réponses" , a affirmé M. De Gregorio, qui a assuré que la Fifa coopérait "pleinement" avec les autorités suisse et américaine. "C'est bien pour la Fifa. Pas en terme d'image, mais en ce qui concerne le ménage que nous avons entrepris ces dernières années", a-t-il insisté.        .

Pour vendredi, Blatter ne change rien

La Fifa est ébranlée, mais pas question pour autant de reporter le scrutin présidentiel prévu vendredi, puisque M. Blatter et son secrétaire général Jérôme Valcke "ne sont pas impliqués" dans cette affaire. "M. Blatter est concentré sur le congrès et il reste relativement détendu", a poursuivi M. De Gregorio. "Ça ne veut pas dire pour autant qu'il danse dans son bureau. Il n'est pas un homme heureux aujourd'hui" . Vendredi, "Sepp" Blatter briguera un cinquième mandat à la tête de la richissime et surpuissante Fifa, secouée depuis le début de son règne en 1998 par une série de scandales, notamment liés à l'attribution des Mondiaux 2018 et 2022. La Confédération africaine (CAF) lui a réitéré son soutien après les développements judiciaires.   

Michel Platini , président de l'UEFA, qui devait tenir une réunion extraordinaire de son Comité exécutif à Varsovie mercredi après-midi, a renoncé l'an passé à se présenter face à lui. La semaine dernière, l'ancien Ballon d'Or portugais Luis Figo et le président de la Fédération néerlandaise Michael van Praag ont eux aussi abandonné. Ne reste qu'un rival, aux chances minimes, le prince jordanien Ali bin Hussein. Celui-ci a estimé dans un communiqué que la Fifa avait besoin d'"un leadership qui accepte sa responsabilité pour ses actes et ne rejette pas la faute sur autrui. La crise dure depuis longtemps, elle ne se limite pas à ce qui s'est passé aujourd'hui".

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