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Faits divers – Justice

Fillette tombée dans la Garonne, à Bordeaux : son père condamné à vingt ans de prison

vendredi 30 mars 2018 à 23:21 - Mis à jour le samedi 31 mars 2018 à 10:04 Par Pierre-Marie Gros, France Bleu Gironde et France Bleu

Le père de Yumi, cette fillette de 22 mois tombée dans la Garonne depuis le Pont de Pierre, le 21 novembre 2014, à Bordeaux, a été condamné vendredi soir par les Assises de Gironde à 20 ans de réclusion criminelle. C'est la peine qu'avait requise l'avocat général.

La cour d'assises de la Gironde
La cour d'assises de la Gironde © Radio France -

Bordeaux, France

Le verdict de la Cour d'assises de Gironde est tombé vers 21  heures vendredi soir, après quatre heures de délibéré et cinq jours de procès : le père de 36 ans poursuivi pour avoir fait tomber Yumi, sa fillette de 22 mois, dans la Garonne, du Pont de pierre, à Bordeaux,  a été condamné à vingt ans de réclusion criminelle.  Les faits s'étaient produits le 21 novembre 2014,  le couple, séparé depuis quatre mois, était alors en plein conflit pour la garde de l'enfant.

La cour a reconnu cet employé de supermarché coupable d'avoir volontairement tué sa fillette, et a suivi les réquisitions de l'avocat général qui avait réclamé vingt ans d'emprisonnement. Les jurés ont reconnu une altération de son discernement au moment des faits, et ont assorti la condamnation d'un suivi socio-judiciaire, avec injonction de soins. 

Ce  verdict a été accueilli avec soulagement par les parties civiles.

"La justice a fait ce qu'elle avait à faire. Attendre ce procès pendant trois ans et demi a été interminable. Cette semaine a été très éprouvante, mais elle se termine avec honneur, en l'honneur de Yumi." - Jaël, la maman de Yumi. 

"En l'honneur de Yumi" Jaël, la maman de la victime

Son avocate, maître Hélène Poulou, s'est dite satisfaite pour sa cliente , qui "même si elle n'a pas eu de réponse, a au moins une reconnaissance officielle de la culpabilité de son ex-compagnon, et elle va maintenant pouvoir avancer". Un sentiment exprimé aussi par la tante de Yumi, également partie civile. 

"Nous n'étions pas venu réclamer vengeance, mais justice pour Yumi. C'est une peine juste et mesurée par rapport à la gravité des faits. La justice, qui ne nous avait pas entendu au moment de la séparation, nous a cette fois écouté." - Angélique, la tante de Yumi 

"Justice a été rendue à Yumi" Angélique, la tante de la victime

Une satisfaction également pour la défense : que l'altération du discernement ait été reconnue.  Maître Julien Plouton vait rappelé aux jurés lors de sa plaidoirie que "le doute, l'absence d'absolue certitude" dans le dossier, et en particulier "l'absence de témoins directs", devait bénéficier à l'accusé.  

"Je considère que dans ce dossier , il y avait la place au doute. La cour ne nous a pas suivi non plus sur la thèse de l'accident. Mais il été important de reconnaître qu'il n'était pas dans son état normal ce soir-là, même si on ne saura véritablement jamais ce qui s'est réellement passé." - Maître Julien Plouton, pour la défense. 

Cet homme n'était pas dans son état normal, et c'était important que cela soit reconnu" Maître Julien Plouton, avocat de l'accusé

Juste avant que les jurés ne se retirent pour délibérer, la parole a été donnée une dernière fois à l'accusé, qui pour la première fois dans ce procès, a montré de l'émotion, en répétant qu''i"l n'avait pas voulu, pas prévu ce qui s'est passé". 'J'ai pas assuré, c'est l'accident le plus con du monde. Depuis qu'elle est partie, l'avenir, je ne le vois plus. Etre papa, ça a été la plus belle chose de ma vie. Je l'ai privée d'un futur. Je ressasse mes souvenirs, et je commence à avoir peur, parce que j'arrive au bout de mes souvenirs." La défense ne devrait pas faire appel de cette condamnation.