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Faits divers – Justice

Fillette tombée dans la Garonne : verdict vendredi soir dans le procès du père

jeudi 29 mars 2018 à 20:44 Par Pierre-Marie Gros, France Bleu Gironde

Le verdict va tomber vendredi soir dans le procès de ce père, accusé d'avoir volontairement fait tomber sa petite fille de 22 mois dans la Garonne, depuis le Pont de pierre, à Bordeaux, un soir de novembre 2014. Les jurés devront choisir entre les thèses de l'accident ou de l'acte volontaire.

La cour d'assises de la Gironde
La cour d'assises de la Gironde © Radio France -

Bordeaux, France

Après cinq jours d'audience, le verdict attendu ce vendredi soir dans le procès devant les Assises de Gironde, de ce père de 36 ans, poursuivi pour le meurtre de sa fillette de 22 mois. La petite Yumi était tombée dans la Garonne depuis le parapet du Pont de Pierre, à Bordeaux, le 21 novembre 2014. L'accusé parle d'un accident, mais la mère soutient qu'il s'agit d'un acte volontaire. Le couple, séparé depuis quatre mois,  était en pleine dispute devant la justice pour la garde de l'enfant. 

Il n'y a pas eu de témoin direct de la scène , il n'y a pas d'élément matériel non plus  pour accréditer l'une ou l'autre des thèses. Ce sera donc aux avocats de tenter de faire entendre ce vendredi  leurs arguments. 

Pour la défense, ce qui accrédite la thèse de l'accident, c'est d'abord l'amour qu'il portait à sa fille, et le fait qu'il s'en occupait avec soin. Ses proches parlent d'un papa "protecteur". "Ma seule priorité, disait-il à ses amis , c'est Yumi". Les avocats de l'accusé mettent aussi en avant qu'il avait des projets avec elle : aller dès le lendemain par exemple au marché de Noël,  ou l'emmener plus tard à Disneyland... "Il allait sans doute perdre la garde de sa fille, mais il se faisait à cette idée". La défense va aussi s'appuyer sur l'avis rendu par un psychiatre, entendu ce jeudi en vidéo-conférence par la Cour, qui a mis en avant une possible altération du discernement au moment des faits - hypothèse balayée  par une contre-expertise. 

Mon client était porteur depuis l'enfance de troubles sévères de la personnalité, avec un dimension dépressive majeure, qui avait entraîné chez lui un affaiblissement physique et psychique, qui peut expliquer ce drame, et avoir toute sa place dans sa genèse. — Maître Julien Plouton, l'un des avocats de la défense. 

"Nous allons faire entendre les éléments à décharge" Maître Julien Plouton, pour la défense

Ces arguments sont  battus en brèche par les parties civiles, qui insistent sur ses "mensonges, de la première à la dernière minute du procès, comme d'ailleurs tout de suite après les faits". 

Les jurés face à deux thèses  

Il y a les différentes versions qu'il a donné sur la raison de la chute de l'enfant dans l'eau, la dernière - un coup de pied de l'enfant dans le kyste sur le sternum du père, qui l'aurait fait lâcher prise jugée peu crédible par le médecin-légiste entendu jeudi matin... Il y a l'endroit où Yumi était assise, le coin le moins éclairé du Pont de Pierre, son attitude juste après le drame. Les avocates de la mère et de la famille de Yumi évoquent aussi ses recherches sur Internet dans les jours qui ont précédé : des recherches  sur la mort du petit Aaron, jeté dix jours plus tôt dans la Garonne, ou sur le positionnement des caméras de vidéo-surveillance autour du fleuve. Et puis le contexte joue aussi à leurs yeux en sa défaveur : "la guerre" qu'il livrait depuis quatre mois pour "salir son ex-compagne, et qu'elle ne revoit jamais la petite". C'était , selon les parties civiles, la solution qu'il aurait trouvée pour ne pas être dépossédée de Yumi. 

On ne connaîtra pas la vérité, il a livré trop de versions pour que l'on croit à l'une d'entre elles, il est le seul à savoir, et il ne nous le dira pas. Face à ces contradictions, nous allons mettre en avant la cohérence tous les éléments qui ont mené à cet aboutissement inévitable. — Maître Virginie Pain, avocate de l'oncle, de la tante et des grands-parents de Yumi. 

"Le procès d'un mensonge pathologique" Maître Virginie Pain, pour les parties civiles

Place ce vendredi matin aux plaidoiries des parties civiles, puis ce seront les réquisitions de l'avocat général, et la parole à la défense avant que les jurés ne se retirent pour délibérer.