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Faits divers – Justice

Une trentaine de migrants hébergés à la Bourse du travail de Saint-Étienne, la municipalité porte plainte

Une trentaine de sans-abri, essentiellement des migrants, ont dormi à la Bourse du travail de Saint-Etienne (Loire) dans la nuit de lundi à mardi. Des militants les ont pris en charge à l'occasion de la fin de la trêve hivernale. La mairie, propriétaire des lieux, a déposé plainte.

L'entrée de la bourse du travail de Saint-Etienne
L'entrée de la bourse du travail de Saint-Etienne © Radio France - Tifany Antkowiak

Saint-Étienne, France

Une trentaine de sans-abri ont dormi à la Bourse du travail de Saint-Etienne dans la nuit de lundi à mardi. Ils ont été pris en charge par un réseau de militants qui dénoncent la fin de la trêve hivernale. Plusieurs associations soutiennent aussi cette action, comme la Cimade et Emmaüs. L'accès principal de la Bourse du travail était fermé ce mardi matin, les militants ont affiché sur l'entrée des pancartes avec le message"Pas d'enfant sans droit, Pas d'enfant sans toit".

Des enfants en bas âge et des mères célibataires

Les personnes qui ont dormi à la Bourse du travail sont essentiellement des migrants, demandeurs d'asile ou déboutés. Il y avait une dizaine d'enfants en bas âge - dont une partie est scolarisée - et au moins une femme enceinte, parmi les personnes recueillies lundi soir. "C'est vrai que c'est pas un lieu où on peut dormir, c'est un lieu où on peut accueillir en urgence. On est à l'abri simplement et l'idée c'est quand même que les pouvoirs publics prennent leurs responsabilités et hébergent ces personnes", explique Yves Scanu, un Stéphanois impliqué dans différents collectifs, et qui était présent à la Bourse du travail lundi et mardi. 

"Il y a 10.000 logements vacants à Saint-Étienne et en parallèle, ces gens à la rue" - Karim Yacoubi

D'autres personnes présentes, des jeunes surtout, rappellent qu'il y a "13.000 logements vacants à Saint-Étienne". Karim Yacoubi, représentant d'Emmaüs, confirme : "on est sûrs pour 10.000 logements, et c'est quand même triste qu'il y ait des logements vacants, chauffés, et des gens en parallèle qui sont à la rue". Une partie des migrants recueillis à la Bourse du travail occupait d'ailleurs - illégalement - ces derniers mois un local vide situé rue Brossard, un local évacué il y a une dizaine de jours. Avant même la fin de la trêve hivernale : "on pensait pas que ça allait se passer aussi brutalement parce qu'ils vivaient bien avec les voisins, ils embêtaient personne", commente Karim Yacoubi. La communauté Emmaüs de Saint-Étienne/ Firminy était en effet en lien très régulier avec les occupants de ce local, surnommé "la maison bleue". 

Plainte de la mairie pour raisons de sécurité

"Ce toit provisoire n’est pas digne d’une métropole qui se dit moderne et ouverte sur le monde", écrit dans un communiqué une intersyndicale de la Loire (CGT, FSU, Solidaires, FO, CFTC, CFDT). Les syndicats interpellent les collectivités locales et les services de l'État et les appelle à "trouver une solution pérenne pour héberger ces familles et les aider à sortir de la précarité". L'intersyndicale propose notamment la réouverture du centre d'accueil des Lauriers, qui était ouvert pour l'hébergement d'urgence pendant la trêve hivernale et accueillait une centaine de personnes. 

La mairie de Saint-Étienne, propriétaire de la Bourse du travail, a fait savoir mardi en fin de journée dans un communiqué qu'elle avait déposé plaint "pour cette occupation illégale, à l'invitation de la CGT-Loire, des locaux n'ayant pas vocation à servir de lieux d'hébergement". La municipalité justifie cette plainte par des arguments liés à la sécurité des lieux. Elle rappelle toutefois "sa tradition d'accueil des réfugiés politiques", et espère que l'État instruira rapidement les dossiers concernant les personnes qui sont dans cette situation, pour qu'elles puissent être hébergées.