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Thonon-les-Bains : deux ans de prison ferme pour Kostas Manikakis et Imad Moutmir

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Par , France Bleu Pays de Savoie

Dans le procès sous tension de l'affaire Manikakis, le tribunal de Thonon-les-Bains a condamné ce mardi les deux jeunes hommes poursuivis pour association de malfaiteurs et transports d'armes à deux ans de prison ferme et un an avec sursis. La violence envers les policiers n'est pas retenue.

Illustration: Palais de justice de Thonon-les-Bains
Illustration: Palais de justice de Thonon-les-Bains © Radio France - Marie AMELINE

Dans le procès de l'affaire Manikakis, le tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) a condamné ce mardi les deux jeunes hommes poursuivis pour association de malfaiteurs et transports d'armes à deux ans de prison ferme et un an avec sursis probatoire (obligation de travailler). La peine est identique pour le passager de la voiture Kostas Manikakis, et le conducteur Imad Moutmir.

Fait important : les deux hommes sont relaxés pour les violences aggravées à l'encontre des policiers. Cela signifie que le tribunal estime que ce soir de novembre 2017, les occupants de la voiture qui a foncé en direction du patron de la bac n'avaient pas l'intention de le renverser. Au cours de ce face-à-face, un policier a tiré un coup de feu qui a tué le frère de Kostas Manikakis,  Nicolas Manikakis qui était assis à l'arrière de la voiture. 

Une plaidoirie crépusculaire pour la partie civile

L'avocat de Gérard Bastian, l'ancien patron de la BAC de Thonon visé par la Clio, et partie civile dans ce procès, Thomas Pianta réclamait l'euro symbolique.

"Pour une victime, un fonctionnaire irréprochable qui après 20 ans de BAC, au lendemain de cette affaire a dit stop, j'arrête. Il y a eu une espèce de déferlante à son encontre. Lui et sa famille ont été menacés. Il a juste fait son travail Mr Bastian. Et il se retrouve dans la position d'un criminel. Il est très lourd le préjudice subi , lourd par ce qui s'est passé après, sur la façon dont il a été traîné dans la boue. Cette solitude face aux injures, aux menaces. Gérard Bastian est aujourd'hui à la retraite, et veut avec ce procès tourner une page douloureuse de sa vie."

Quatre et cinq ans de prison requis par le procureur

Dans son réquisitoire, le Procureur de la République dresse le tableau d'une soirée d'une violence hallucinante, d'un échec pour tout le monde. "Vous êtes saisis de trois infractions. Infraction sur les armes la plus simple, puisque admise. Association de malfaiteurs également évidente. Chacun des quatre protagonistes a intégré cette association en pleine conscience pour aller faire justice soi-même dans le quartier du Châtelard.

"La logistique pour atteindre cet objectif est en place, une voiture dénichée quelques jours plus tôt, les cagoules pour se dissimuler, les armes, les rôles sont bien distribués et les réflexes parfaitement intégrés. Hier on a voulu vous faire croire que les policiers se sont concertés pour reconstruire une histoire. Mais qui a reconstruit l'histoire pour limiter ses responsabilités ? Madame la Présidente ne tombez pas dans le piège."

Au terme de son réquisitoire, le procureur de la République de Thonon-les-Bains, Bruno Badré, a réclamé quatre ans de prison avec sursis probatoire pour Kostas Manikakis "afin que vous ne retourniez pas en prison, car c'est le travail qui pourra vous sauver". Kostas Manikakis a  effectué 18 mois de détention préventive. 

A l'encontre de Imad Moutmir qui a pris la fuite pendant un an au Maroc, a souvent changé de posture, et qui a appuyé sur l'accélérateur, le Procureur Badré réclame davantage de sévérité : cinq ans de prison et le maintien en détention. Il ne sera pas entendu puisque le jeune homme ressort libre du tribunal de Thonon-les-Bains.

La défense dénonce un mensonge de la légitime défense chez les policiers

Fidèle à la stratégie amorcée lundi, les avocats de la défense axent leurs plaidoiries sur un mensonge organisé pour charger les prévenus et dédouaner le policier qui a tué Nicolas Manikakis. 

"Une belle fable écrite par des menteurs" - Me Laurent Pascal, avocat des prévenus

"Nous sommes face à _un mensonge organisé autour de la légitime défense_, avec une reconstitution ubuesque et des policiers remplacés par des plastrons", s'enflamme Maître Laurent Pascal. "Le fantôme de Nicolas Manikakis plane au-dessus de cette salle car les deux dossiers sont intimement liés . Il est impossible de les aborder l'un sans l'autre.  Kostas Manikakis garde une culpabilité très importante, il est encore en pleine souffrance. Son frère Nicolas est mort dans ses bras, et il ne sait pas, ne comprend toujours pas pourquoi et comment. Alors oui, mon client portait une arme mais il n'a blessé personne et surtout ne doit pas quitter ce tribunal avec l'idée, fausse, qu'il est responsable de la mort de son frère."

L'avocat de l'autre prévenu, Imad Moutmir, le conducteur de la voiture, demandait la relaxe de son client. 

"Le traitement de la justice est indigne à l'égard de ce jeune homme, Kostas Manikakis, qui est resté avec son frère mort dans les bras, et que l'on a envoyé en prison le soir même. Ensuite il a été inventé un tissu de mensonges dans le seul but de sauver l'auteur du coup de feu. En fait, la seule chose qui compte dans ce dossier c'est la position du policier Bastian devant la Clio. Était-il en train de sortir de la voiture, était-il dehors, en face, ou un peu à côté ? Quelle manœuvre fallait-il opérer pour le percuter ou l'éviter ? Les deux prévenus ont-ils vraiment foncé sur Gérard Bastian ? Et avant le coup de feu ? Non tout cela est faux, archifaux. Il n'y avait pas plus de menace avec cette voiture qu'avec l'arme supposément brandie vers le policier. Je pense que le coup de feu était intempestif, involontaire, son auteur n'est pas un tueur. Mais encore faudrait-il reconnaître sa faute", s'emporte l'avocat.

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