Faits divers – Justice

Financement des campagnes électorales de 2012 : le FN et deux de ses dirigeants renvoyés en correctionnelle

Par Thibaut Lehut, France Bleu jeudi 6 octobre 2016 à 12:38 Mis à jour le jeudi 6 octobre 2016 à 20:36

Wallerand de Saint-Just, l'un des deux cadres du FN mis en cause.
Wallerand de Saint-Just, l'un des deux cadres du FN mis en cause. © Maxppp -

Il y aura un procès contre le Front national et deux de ses dirigeants, dans le cadre de l'affaire portant sur le financement des campagnes législatives et présidentielle de 2012. L'AFP a annoncé ce jeudi que les juges avaient décidé de renvoyer l'affaire en correctionnelle.

Les juges d'instruction ont renvoyé en procès le Front national et deux de ses dirigeants, Wallerand de Saint-Just et Jean-François Jalkh, dans l'enquête sur des soupçons d'enrichissement frauduleux aux frais de l'Etat lors des campagnes législatives et présidentielle de 2012. Les soupçons portent sur l'existence d'un système pour capter de l'argent public, en profitant des remboursements de l'Etat sur les frais de campagne, des faits vigoureusement contestés par le FN.

Les magistrats ont ordonné le renvoi du parti pour complicité d'escroquerie lors des législatives et recel d'abus de biens sociaux. Son trésorier Wallerand de Saint-Just est visé pour le délit de recel d'abus de biens sociaux et l'un de ses vice-présidents Jean-François Jalkh pour escroqueries, abus de confiance et recel d'abus de biens sociaux.

Des kits de campagne imposés et surfacturés ?

Le principal volet de l'affaire porte sur les législatives de 2012. Au centre de l'enquête, des kits de campagne (tracts, affiches, cartes postales), au tarif de 16.650 euros, fournis à quelque 525 candidats par la société Riwal, dirigée par un très proche de Marine Le Pen, Frédéric Chatillon. Pour les acheter, les candidats devaient contracter un prêt avec intérêts auprès de Jeanne, mouvement satellite du FN.

Les enquêteurs voient derrière ce montage complexe des prestations gonflées et surfacturées au détriment de l'Etat, qui rembourse les frais de campagne aux candidats dépassant 5% des voix. Les juges soupçonnent un système imposé aux candidats, qui ne tenaient pas compte de leurs besoins sur le terrain ni de la réalité de leur campagne.

Marine Le Pen simple témoin assistée

L'élu régional FN Axel Loustau, qui était en 2012 à la fois trésorier de Jeanne et actionnaire de Riwal, a aussi été renvoyé en correctionnelle. Marine Le Pen avait quant à elle été entendue dans ce dossier, sous le statut de témoin assisté. Elle n'a pas été mise en examen.

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