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Financement libyen : Takieddine, l'un des principaux témoins à charge contre Sarkozy, retire ses accusations

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Par , France Bleu

Ziad Takieddine, l'un des principaux témoins à charge contre Nicolas Sarkozy dans l'enquête sur des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle 2007, a retiré mercredi ses accusations. "La vérité éclate" enfin a commenté l'ancien président.

Ziad Takieddine, lors du procès de l'affaire Karachi à Paris le 8 octobre 2019.
Ziad Takieddine, lors du procès de l'affaire Karachi à Paris le 8 octobre 2019. © Maxppp - Aurelien Morissard / IP3

Il était l'un des principaux témoins à charge contre Nicolas Sarkozy dans l'enquête sur des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle 2007. Ziad Takieddine a retiré mercredi ses accusations, suscitant la joie de l'ancien chef de l'Etat.

Condamné en juin en France dans le volet financier de l'affaire Karachi, le sulfureux intermédiaire, en fuite, se trouve aujourd'hui Beyrouth. "Je le dis haut et fort, or ce juge Tournaire [l'ancien juge d'instruction en charge du dossier] a bien voulu tourner ça à sa manière et me faire dire des propos qui sont totalement contraires aux propos que j'ai dits (...) : il n'y a pas eu de financement de campagne présidentielle de Sarkozy" a-t-il déclaré dans une vidéo dévoilée par Paris Match et BFMTv. "Je confirme que ceci n'est pas vrai. M Sarkozy n'a pas eu un financement libyen pour la campagne présidentielle, ni M. Kadhafi ne pouvait le faire parce qu'il ne le faisait jamais".

"La vérité éclate" 

"La vérité éclate" enfin, s'est réjouit Nicolas Sarkozy sur les réseaux sociaux. L'ancien chef d'État est mis en examen dans ce dossier depuis mars 2018 pour "recel de détournement de fonds publics", "corruption passive" et "financement illégal de campagne électorale", et depuis mi-octobre pour "association de malfaiteurs".  "Le principal accusateur reconnaît ses mensonges. Jamais il ne m'a remis d'argent, jamais il n'y a eu de financement illégal de ma campagne de 2007", a-t-il commenté.

"Je demande à mon avocat Thierry Herzog de déposer une requête en démise en examen et d'engager une procédure pour dénonciation calomnieuse contre Ziad Takieddine dont les précédentes allégations m'ont causé un préjudice considérable", a également indiqué l'ancien président de la République.

Le financement de la campagne de 2007 en question

Ziad Takieddine, âgé de 70 ans, est lui-même mis en examen dans ce dossier pour complicité de corruption, de trafic d'influence, complicité de détournement de fonds publics. En novembre 2016, il avait affirmé avoir remis entre fin 2006 et début 2007 cinq millions d'euros à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, et à son directeur de cabinet Claude Guéant.

Devant le juge d'instruction Serge Tournaire, il avait ensuite confirmé à plusieurs reprises avoir transporté cet l'argent libyen, destiné à financer la campagne présidentielle. En janvier 2020, devant les successeurs de M. Tournaire, Aude Buresi et Marc Sommerer, M. Takieddine n'était pas revenu sur ces déclarations. Sollicitée par l'AFP, son avocate Me Elise Arfi, qui l'accompagnait lors de ces interrogatoires, n'a pas souhaité réagir.

L'enquête avait été ouverte après la publication par Mediapart en 2012, dans l'entre-deux tours de la présidentielle, d'un document censé prouver que la campagne victorieuse de Nicolas Sarkozy cinq ans plus tôt avait été financée par le régime de Mouammar Kadhafi. Témoignages de dignitaires libyens, notes des services secrets de Tripoli, accusations de M. Takieddine... En sept ans de travail, les magistrats ont réuni une somme d'indices troublants qui ont donné corps à cette théorie. Toutefois, aucune preuve matérielle indiscutable n'a pour l'heure été retrouvée, même si des mouvements de fonds suspects ont conduit à neuf mises en examen à ce jour.

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