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Fleury-Mérogis : onzième suicide en huit mois dans le plus grand centre pénitentiaire d'Europe

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La situation est tendue à Fleury-Mérogis, le plus grand centre pénitentiaire d'Europe. La maison d'arrêt, qui connait un taux d'occupation de 143%, a enregistré depuis le début de l'année 11 suicides de détenus, un record.

La prison de Fleury-Mérogis, la plus grande d'Europe
La prison de Fleury-Mérogis, la plus grande d'Europe © Maxppp - Philippe de Poulpiquet

En huit mois, ce compteur macabre a déjà dépassé le cumul des deux années précédentes.  Dernier en date, un homme de 48 ans a été retrouvé pendu dans sa cellule mardi dernier.  Selon le parquet d'Evry, il était en détention provisoire pour une affaire criminelle (viol sur son ex-compagne). L'homme de 48 ans "a été retrouvé pendu dans sa cellule avec ses draps", a expliqué le parquet. Seul en cellule, il avait "été vu vivant environ trois quart d'heure plus tôt lors de la ronde précédente".  Mis en examen, il était incarcéré depuis le 20 juillet et purgeait également une peine de deux mois de prison pour des faits de violence, toujours selon le palais de justice d'Evry.

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Comment expliquer cette situation inédite ?

Une situation inédite qui préoccupe l’administration pénitentiaire comme le parquet d’Evry, mais à laquelle ils affirment aujourd’hui ne pas trouver d’explication. Pour l'Observatoire Internationale des Prisons (OIP), en revanche, c'est avant tout un problème d'effectifs. Selon Jean-Philippe Deniau, journaliste à France Inter , il y a aujourd'hui 1 surveillant pour 80 détenus. C'est bien insuffisant estime François Bes, coordinateur pôle enquêtes à l'OIP : "Il y a une tension permanente qui crée un climat général qui n'est pas propice à ce que le personnel pénitentiaire porte attention de manière soutenue aux détenus". 

Manque de transparence

Beaucoup des décès constatés cette année à Fleury-Mérogis posent question. Sur les conditions dans lesquelles le détenu a été placé sous surveillance ou pas, sur la rapidité avec laquelle sa situation a été prise en compte, sur les enseignements qui ne sont pas toujours tirés. Et pourtant, à chaque suicide, ce sont deux enquêtes, judiciaire et sanitaire, qui sont déclenchées. Mais on n'en connait pas toujours les issues, constate François Bes : "Les proches, les familles manquent d'informations claires sur ce qui a pu se passer. Et l'administration pénitentiaire, même si elle mène des investigations, ne dit rien." Les familles restent ainsi dans l'ignorance et le doute. A Fleury, sept des onze détenus qui se sont suicidés cette année avaient moins de 23 ans.

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