Faits divers – Justice DOSSIER : Germanwings : le crash volontaire de l’A320

Focus sur l'Airbus A320, l'avion impliqué dans le crash dans les Alpes

Par Thibaut Lehut, France Bleu Auxerre, France Bleu Azur, France Bleu Bourgogne, France Bleu Provence, France Bleu Roussillon, France Bleu Toulouse et France Bleu Vaucluse mardi 24 mars 2015 à 15:55 Mis à jour le mardi 24 mars 2015 à 19:15

Un appareil de la famille d'avions incriminée décolle ou atterrit toutes les 2,5 secondes chaque jour.
Un appareil de la famille d'avions incriminée décolle ou atterrit toutes les 2,5 secondes chaque jour. © Maxppp

L'avion qui s'est écrasé dans les Alpes-de-Haute-Provence ce mardi est un A320. C'est le modèle vedette du constructeur européen, qui connu une dizaine d'accidents dans son histoire. Dans l'une des usines d'assemblage de l'A320 à Saint-Martin du Touch près de Toulouse, l'émotion est grande.

L'accident qui a coûté la vie à 150 personnes, ce mardi dans les Alpes-de-Haute-Provence, a eu lieu à bord d'un Airbus A320. Cet avion, lancé en 1988 par Airbus, est largement utilisé dans le monde pour des vols de courte et moyenne distances, et est le concurrent direct du Boeing 737. A ce jour, 6.200 A320 sont en circulation. Sur son site internet, Airbus signale qu'un appareil de cette famille d'avions décolle ou atterrit toutes les 2,5 secondes chaque jour. C'est l'un des fleurons de l'avionneur européen, qui l'a modernisé à de nombreuses reprises. Révolutionnaire à sa sortie, l'appareil proposait des commandes de vol électriques gérées par ordinateur. Une innovation qui avait provoqué une polémique dans le monde l'aéronautique puisqu'il faisait passer les équipages de trois à deux pilotes.

L'A320 est assemblé dans plusieurs usines à travers le monde : à Hambourg, en Chine mais aussi et surtout à Saint-Martin du Touch à l'ouest de Toulouse. Les salariés de la chaîne d'assemblage, qui ont découvert le drame sur leur lieu de travail ou au moment de leur prise de poste, sont choqués comme l'a constaté Marine Vlahovic pour France Bleu Toulouse.

"On est dégouté, on fait tout pour que ça n'arrive pas". "C'est le plus fiable au monde, c'est le meilleur !" — Des salariés de le chaîne de montage de l'A320 à Saint-Martin du Touch

Airbus ateliers ENRO

Quatre accidents mortels en cinq ans

Il a ensuite connu des débuts difficiles, avec quatre accidents mortels en cinq ans, dont un à Mulhouse en 1988. L'avion volait alors trop bas lors d'une démonstration et s'était écrasé, provoquant la mort de trois personnes. L'accident le plus meurtrier a eu lieu en 2007 à Sao Paulo. Un appareil de la TAM avait alors raté son atterrissage avant de percuter un bâtiment au sein de l'aéroport, tuant 187 personnes.Quid de l'appareil immatriculé GWl18G, en cause dans l'accident de ce mardi ? L'appareil a 24 ans, mais "il peut aujourd'hui voler 30 ou 40 ans" , estime Gérard Feldzer, consultant en aéronautique joint par France info. "Il y a des réglementations extrêmement précises avec des inspections, les avions sont entièrement démontés pour l'occasion" , ajoute le spécialiste. Selon la compagnie Germanwings, l'appareil avait en effet subi une grosse révision "à l'été 2013".

"Ce genre d'appareil peut aujourd'hui voler 30 ou 40 ans" — Gérard Fledzer, consultant en aéronautique

Reste qu'aucune hypothèse n'est aujourd'hui écartée pour expliquer l'accident survenu ce mardi, pas même celle d'une défaillance technique. "La protection des indices est désormais extrêmement importante" , explique Patrick Magisson, membre du Bureau d'Enquêtes et d'Analyses (BEA) pour la Sécurité de l'Aviation civile et pilote sur A320. "Les enregistreurs de vol seuls ne donneront pas toutes les réponses, il faudra aussi examiner les circuits électriques ou l'examen de telle ou telle partie de l'avion, les enregistrements des radars des contrôleurs" , conclut-il. "Toute cette collecte d'informations va prendre du temps, mais c'est le temps nécessaire pour tirer les conclusions de cet accident". Christophe Castaner, député des Alpes-de-Hautes-Provence, annonçait mardi en fin d'après-midi qu'une des boîtes noires de l'avion avait déjà été retrouvée.