Faits divers – Justice

Fontainebleau : un professeur de mathématiques bientôt jugé pour avoir eu une aventure avec une collégienne de 14 ans

Par Martine Bréson, France Bleu Paris et France Bleu mercredi 15 novembre 2017 à 14:40

Tribunal (image d'illustration).
Tribunal (image d'illustration). © Maxppp -

Un professeur de mathématiques de 31 ans sera jugé le 27 novembre 2017 à Fontainebleau (Seine-et-Marne), a annoncé le procureur mercredi. Durant plusieurs mois, il a eu une relation avec une collégienne de 14 ans. C'est le beau-père de l'adolescente qui a emmené l'homme, de force, au commissariat.

Durant plusieurs mois, un professeur de mathématiques de 31 ans a eu une relation avec une élève de 14 ans. C'est le beau-père de l'adolescente qui, le 5 novembre 2017, après avoir appris leur histoire, a conduit de force l'enseignant au commissariat. L'enseignant se trouvait dans sa voiture stationnée tout près du domicile familial. La jeune fille avait présenté cette relation à son beau-père comme une "relation amoureuse". Le professeur sera jugé le 27 novembre 2017.

Les deux hommes sont poursuivis

Le procureur de Fontainebleau (Seine-et-Marne) a indiqué que les deux hommes avaient été placés en garde-à-vue. Ils seront tous les deux poursuivis. Le professeur devra répondre de "corruption de mineur de moins de 15 ans et atteinte sexuelle sur mineur de moins de 15 ans par personne abusant de l'autorité de ses fonctions". Le beau-père devra répondre de "violences et séquestration".

Un adulte ne peut pas avoir de relations sexuelles avec un mineur de moins de 15 ans" - Guillaume Lescaux, procureur

Le professeur et son élève se seraient rapprochés en février 2017, précise le journal Le Parisien. Ils auraient d'abord dialogué via Instagram. Ils auraient entamé une relation sexuelle quelques mois plus tard, en juin.

"Même quand il y a consentement, un adulte ne peut pas avoir de relations sexuelles avec un mineur de moins de 15 ans. Et, quand on est en position d'autorité, le consentement n'est possible qu'à partir de 18 ans", rappelle le magistrat.

La question du consentement sexuel des mineurs fait débat après deux décisions judiciaires contestées

Dans une première affaire, accusé de viol sur une fille de 11 ans, qui a eu un enfant de cette relation, un homme de 30 ans a été acquitté la semaine dernière par la cour d'assises de Seine-et-Marne. La justice a estimé que la petite fille avait eu une relation sexuelle consentie sans "contraintes, menaces, violences ou surprise".

Dans une autre affaire qui doit être jugée dans le Val-d'Oise, le parquet a décidé de poursuivre, "pour atteinte sexuelle" et non "viol" comme le souhaitait la famille, un homme de 28 ans. Il avait eu des relations avec une enfant de 11 ans. Là aussi, le procureur a estimé que cette relation avait été consentie car sans contrainte physique.

Mercredi, la ministre de la Justice Nicole Belloubet a annoncé que le gouvernement envisageait d'instaurer une présomption de non-consentement à un acte sexuel pour les mineurs en deçà d'un âge qui reste à déterminer (13, 14 ou 15 ans), dans une loi "autour du printemps".