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Faits divers – Justice

Forcené de Vertaizon : le quadragénaire condamné à 5 ans de prison

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Par , France Bleu Pays d'Auvergne

Le 19 décembre 2017, l'individu avait tiré à de multiples reprises en direction des gendarmes qui tentaient de l'interpeller entre Vertaizon et Pont-du-Château. Il a été condamné ce jeudi à 5 ans de prison par le tribunal de Clermont. Compte-rendu d'audience.

Une salle d 'audience dans le tribunal de Clermont-Ferrand
Une salle d 'audience dans le tribunal de Clermont-Ferrand © Radio France - Olivier Vidal

Clermont-Ferrand, France

Près de deux ans après les faits, l'individu se présente ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand. Bien apprêté, cheveux gominés grisonnants, jean et chemise ASM, dans le box de la salle d'audience le prévenu n'a pas l'apparence d'un déséquilibré.
Il s'exprime clairement.
En premier lieu, il écoute le rappel des faits lu par la présidente Marie De Naurois : l'arrivée des gendarmes à son domicile en début d'après-midi ce 19 décembre, ses coups de fusil, sa fuite, à nouveau ses tirs en direction des gendarmes, son interpellation plus de trois heures après les premiers coups de feu.
La présidente évoque ses premières déclarations après son interpellation, l'alcool pris en début de journée, ses médicaments ingurgités aussi ce jour-là, des problèmes psy récurrents, une bipolarité depuis le décès de son père, ses envies de suicide.

Bipolaire depuis le décès de son père

La présidente évoque les expertises suivies par le prévenu. L'une d'elle conclut à une non-altération du discernement au moment des faits, il est donc pénalement responsable. Elle lui demande une première réaction : "J'ai perdu pied complètement ce jour-là. Je suis parti dans une folie, j'ai tiré chez moi, en l'air, dans la cabane. Je ne savais plus ce que je faisais, notamment quand les gendarmes sont arrivés à mon domicile" raconte le quadra. "Je ne me rappelle plus ce que je faisais". "Mais vous auriez pu faire un carnage Monsieur ?" réplique la magistrate.

Le prévenu explique alors son état psychologique à l'époque. Des problèmes au travail, d'autres complications, il avoue perdre les pédales ce jour-là quand sa voiture ne démarre pas pour aller chercher son fils.
"Vis à vis des gendarmes je m'excuse, ça a traumatisé leur famille, les gendarmes ont très bien fait leur travail, je n'ai rien contre eux" tient à souligner l'homme.
Loïc Erignac, du ministère public questionne à son tour le prévenu : "Vous ne pensez pas qu'il faudrait d'autres explications que ce coup de folie? " Renaud Portejoie, avocat des gendarmes, renchérit : "mais qu'est-ce qu'il se passe si vous sortez? on doit se satisfaire de ce coup de folie?" Armelle Palamenghi, autre avocate des militaires : "vous avez quelque chose contre l'autorité? "

Mais que se passera-t-il si vous sortez Monsieur ?" s'inquiète Renaud Portejoie, avocat des gendarmes

Une série de questions qui fait bondir le conseil du prévenu Mohamed Khanifar : "mais vous voulez quoi ? Faire de la psychologie de bas étage ? Il n'y a pas de mobile dans cette histoire, juste une voiture qui ne démarre pas et lui qui pète un plomb!"

Le quadragénaire tente de convaincre l'assistance qu'il ne sera pas un danger s'il sort, pourtant une expertise assure qu'avec l'alcool l'homme peut être à nouveau dangereux : "l'alcool c'est fini, aujourd'hui je suis bien mentalement, je me porte bien sans alcool" argue le forcené.

Après une heure d'audience, Renaud Portejoie commence sa plaidoirie. Rejette le coup de folie, le délire. "Ce qu'on attendait de vous c'est une ébauche d'explication, votre discours est facile et effrayant! " L'avocat salue ensuite le "professionnalisme" des gendarmes et "leur dévouement."
Même tonalité pour Armelle Palamenghi.

Viennent ensuite les réquisitions du ministère public. Loïc Erignac parle de "dossier exceptionnel". Il souligne la violence de l'acte et les traumatismes causés chez les gendarmes. Egalement le professionnalisme des militaires au cours de cette journée "miraculeuse", aucun blessé grave n'avait été à déplorer.

"Il y a des éléments qui montrent qu'il peut y avoir des craintes pour l'ordre public" poursuit le procureur. "Il y a une problématique de personnalité, mais il n'y a pas d'altération du discernement lors du passage à l'acte!" Une peine de 6 ans d'emprisonnement, un suivi socio-judiciaire sur 5 ans avec injonction de soins et l'interdiction de port d'armes pendant 15 ans sont requis.

Mohamed Khanifar prend la défense du prévenu. "Il ne conteste rien et n'a rien contre la gendarmerie!" rappelle l'avocat clermontois. "Il a exprimé des regrets, jamais il n'en a voulu à la gendarmerie, le mobile reste futile! " explique le conseil.

Le tribunal condamnera l'individu à 5 ans d'emprisonnement dont un avec sursis avec mise à l'épreuve, également l'interdiction de déténir une arme pendant plusieurs années.

Le prévenu est reparti ce jeudi soir en prison.

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