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Faits divers – Justice DOSSIER : Les affaires Fourniret

Affaire Fourniret : "Il veut rester le maître de l'enquête"

vendredi 28 septembre 2018 à 15:43 Par Thierry Boulant, Delphine Martin et Damien Robine, France Bleu Auxerre, France Bleu Champagne-Ardenne et France Bleu

Michel Fourniret a été amené dans l'Yonne pendant deux jours, mardi et mercredi. Les enquêteurs recherchent toujours le corps d'une de ses victimes, en 1988, Marie-Angèle Domece. A quoi joue Michel Fourniret ? Entretien avec Stéphane Bourgoin, spécialiste des tueurs en série.

Michel Fourniret a été déplacé à Monéteau mardi (Yonne), là ou le corps de Joanna Parrish, une jeune assistante britannique, avait été découvert en 1990.
Michel Fourniret a été déplacé à Monéteau mardi (Yonne), là ou le corps de Joanna Parrish, une jeune assistante britannique, avait été découvert en 1990. © Maxppp - Jérémie Fulleringer

Auxerre, France

Pourquoi Michel Fourniret a-t-il avoué ces deux meurtres dans l'Yonne, celui de Joanna Parrish, en 1990, et celui de Marie Angèle Domece, en 1988 ? Il est déjà condamné  à la perpétuité pour d'autres meurtres. Pourquoi ces aveux, près de 30 ans après les faits ?

Stéphane Bourgoin : Il les a déjà avoués deux fois auparavant par des courriers avant de les reconnaître oralement, on peut penser que c’est  une manière pour lui de revenir au centre de l’actualité. Lors de son procès en 2008 à Charleville-Mézières (Ardennes), j’avais indiqué à beaucoup de journalistes qu’un jour ou l’autre, Michel Fourniret avouerait d’autres crimes. Parce qu’il y en a beaucoup d’autres encore à découvrir, mais qu’il choisirait le moment.

Quelles sont ses motivations ?

C’est purement narcissique. C’est de montrer que même si il est condamné à une réelle perpétuité incompressible, c’est lui qui reste le maître et qui dirige en quelque sorte l’enquête.

Mardi et mercredi, lorsqu'il a été amené dans l'Yonne, des sources proches du dossier nous ont dit qu'il était très directif. Il voulait, par exemple, que les rues du centre-ville d'Auxerre soient vides. Ça ne vous surprend pas j'imagine ?

Non, souvenons-nous à son procès il y a dix ans, il avait brandi un carton et il avait dit, "sans huis clos, bouche cousu". Lors des fouilles dans deux de ses maisons du crime, il avait attendu que les hélicoptères des médias soient au-dessus de sa tête, pour indiquer ou se trouvaient les corps de ses victimes. C’est lui qui dirigeait en quelque sorte, les fouilles. Il était visiblement très content de l’attention qu’on lui portait.

Et cette semaine dans l’Yonne, pensez-vous qu’il balade les enquêteurs ou il sait vraiment où il va ?

Il y a un peu des deux, parce que notamment pour la découverte d’un autre corps, celui de Farida Hammiche, un meurtre pour lequel il doit être jugé le 13 novembre, il ne s’est pas souvenu de l’endroit exact ou était enterré le corps alors qu’il était visiblement coopératif. On peut penser aussi comme c’est un joueur d’échec, un manipulateur, un psychopathe qui n’a pas d’empathie pour ses victimes qui les dépersonnalise, que c’est une façon pour lui, de jouir à nouveau de ses crimes.

Et puis il y a cette étrange relation avec son épouse et complice, Monique Olivier. C'est vraiment un couple infernal, dans votre livre qui va paraître dans un mois, vous parlez de cette relation ?

Pas tout à fait, je publie d’ailleurs pour la première fois, l’ensemble de leurs expertises psychologiques qui font à peu près 120 pages, et qui sont absolument glaçantes. Jusqu'à sa rencontre avec Monique Olivier, lorsqu'il sort de prison en 1987, c’est déjà un prédateur sexuel depuis près de 20 ans, mais il n’a jamais tué. Monique Olivier lui a donné en quelque sorte son permis de tuer.

Au-delà des deux affaires qui nous concernent, ici, dans l'Yonne, est-ce qu'on peut penser qu'il y a d'autres victimes dont on ne sait rien ?

Oui. dans mon livre* d’ailleurs, je parle d’au moins six autres victimes potentielles et d’autres lieux qui vont peut-être être explorés par les enquêteurs. On a une période de dix ans entre 1990 et 2000 où il est actif de manière criminelle par des agressions, des tentatives d’enlèvement, mais on n’a pas de meurtre. Sauf que Monique Olivier l’accuse au moins d’avoir attaqué une baby sitter en août 1993. Elle a assisté à ce meurtre dans leur maison en Belgique. Mais cette baby sitter n’a jamais été retrouvée, ni identifiée.

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* Stéphane Bourgoin est l'auteur de "L'ogre des Ardennes, les derniers secrets de Michel Fourniret", à paraître le 7 novembre chez Grasset.

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- © Éditions Grasset