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Faits divers – Justice

Fraisses : la personnalité de l'assassin présumé de la vieille dame étudiée par la cour d'assises

samedi 20 octobre 2018 à 4:33 Par Octavie Couchard, France Bleu Saint-Étienne Loire

Un homme comparaît depuis ce jeudi 18 octobre, jusqu'au mardi 23 octobre, devant la cour d'assises de la Loire. Il est accusé d'avoir violé et tué une dame de 90 ans dans un appartement à Fraisses en mars 2016. S'il a avoué les faits, la cour s'est penchée sur sa personnalité.

Le tribunal de Grande Instance de Saint-Etienne
Le tribunal de Grande Instance de Saint-Etienne © Radio France - Jeanne Marie Marco

Fraisses, France

Les faits se sont déroulés un soir de mars 2016, à Fraisses, une commune à l'ouest de Firminy. L'accusé, un homme de 46 ans aujourd'hui, aurait défoncé la porte de l'appartement d'une vieille dame de 90 ans, l'aurait violée et tuée à coups de tournevis. 

Dans le box des accusés, l'homme apparaît calme et serein, le cheveux grisonnant et vêtu d'une chemise blanche. Quand il parle à la cour, il pose les mains des deux côtés du micro et appelle l'avocat de la partie civile par son nom. "C'est l'écart entre ce que l'on sait de lui et ce que l'on voit qui met mal à l'aise", dit sa curatrice devant la cour. Ce vendredi 19 octobre, les témoignages se sont enchaînés au tribunal de Saint-Étienne, pour tenter de comprendre la personnalité de cet homme accusé de ce terrible meurtre. 

Des témoignages souvent accablants pour l'accusé. Appelée à parler devant la barre, la sœur de l'accusé parle d'un homme parfois violent avec les femmes, surtout quand il est sous l'emprise de l'alcool. Déjà adolescent, il aurait insulté et jeté des pavés sur ses parents. Selon elle, il aurait eu plusieurs femmes, et se serait montré violent avec certaines. "Je me doutais que ça terminerait comme ça", dit-elle devant la cour. Elle-même parle de violence à son encontre : en 2015, elle porte plainte contre son frère, l'accusé, pour violence et vol. Lorsque le président de la cour relit sa déposition, elle ne veut pas l'entendre. "Pourquoi ?", demande le président. "Parce que j'ai peur des représailles", lâche-t-elle en baissant la tête. Il s'agit de faits anciens : la sœur de l'accusé évoque un viol lorsqu'elle avait 6 ans. "Mon frère ne changera jamais". 

Le reste de la famille de l'accusé ne veut pas entendre parler de lui. Dans leurs dépositions pour l'enquête, les autres frères et sœurs évoquent un homme violent, alcoolique. Tous le tiennent pour responsable de la maladie de leur mère, victime d'un AVC. Tous sauf une personne. L'une des sœurs de l'accusé, présente dans la salle, qui ne peut s'empêcher de prendre la parole, même si elle n'y est pas autorisée. "On n'est pas dans une réunion de famille", gronde le président de la cour. 

La question du discernement

Le procès doit reprendre ce lundi 22 octobre. S'il a avoué les faits, la cour doit maintenant se pencher sur la peine à attribuer à l'accusé. Pour les avocats, il s'agit d'établir si oui ou non le discernement de l'homme est altéré. "Pour la partie civile, il n'est pas si perdu que ça et nous avons même la conviction qu'il est plus manipulateur que véritablement perturbé", explique Maître André Buffart, l'avocat de la partie civile. "Il sera bien difficile pour lui d'échapper à ses responsabilités ou de se faire passer pour quelqu'un qui a une responsabilité très diminuée."

Du côté de la défense, l'homme est bien connu. Maître Florence Florindi a déjà défendu l'accusé lors de précédente affaires. Pour elle, il faut prendre tous les témoignages avec des pincettes, "entre ceux qui prennent des médicaments, ceux qui boivent, etc... Alors ça ne veut pas dire qu'ils mentent mais il va falloir trouver le juste équilibre". Elle compte bien souligner le manque de discernement de son client pour faire décider de sa peine : "Cette altération existe, il faut en tenir compte, il y a quand même six experts qui disent qu'il y a une altération, l'armée l'a réformé, une curatelle renforcée depuis un certain temps, un niveau scolaire inexistant", explique-t-elle. 

Si l'altération de discernement est retenue, l'homme risque 30 ans de réclusion criminelle. Si non, il encourt la prison à perpétuité. Les débats reprendront ce lundi au tribunal de Saint-Étienne à 9 heures.