Faits divers – Justice

Jacqueline Sauvage, totalement graciée par François Hollande, est sortie de prison

Par Géraldine Houdayer, France Bleu Orléans et France Bleu mercredi 28 décembre 2016 à 16:18 Mis à jour le mercredi 28 décembre 2016 à 21:15

Jacqueline Sauvage a quitté la prison de Réau, en Seine-et-Marne, à l'arrière de cette voiture.
Jacqueline Sauvage a quitté la prison de Réau, en Seine-et-Marne, à l'arrière de cette voiture. © AFP - Viken Kantarci

Jacqueline Sauvage est sortie de prison ce mercredi soir, après l'annonce de sa grâce totale et immédiate par le président de la République. Elle avait été condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son mari violent. Elle est devenue le symbole des victimes de violence conjugales.

Jacqueline Sauvage est sortie libre, ce mercredi vers 18h30, de la prison de Réau en Seine-et-Marne. Dans l'après-midi, la présidence de la République a annoncé que François Hollande avait décidé de lui accorder une grâce totale et immédiate. Jacqueline Sauvage avait été condamnée à dix ans d'emprisonnement pour le meurtre de son mari violent. Jacqueline Sauvage, qui avait fêté mardi son 69e anniversaire à la prison de Réau, n'y passera pas le Nouvel An. Elle en est sortie libre, à bord d'une voiture qui ne s'est pas arrêtée devant les nombreux journalistes présents. "Elle a eu le plus beau des cadeaux d'anniversaire", a commenté sur BFMTV l'une de ses avocates, Janine Bonaggiunta, saluant le "geste très fort" du président Hollande.

La place de madame Sauvage n'est plus en prison mais auprès de sa famille" - Le communiqué de l'Elysée

Sans préciser où se rendait Jacqueline Sauvage, son avocate a expliqué qu'elle pourrait vivre "chez l'une ou chez l'autre" de ses filles, "vendre sa maison" et s'adonner à ses loisirs tels le jardinage ou la peinture.

"Le président de la République a estimé que la place de madame Sauvage n'était plus aujourd'hui en prison, mais auprès de sa famille", annonçait l'Elysée dans un communiqué ce mercredi après-midi. "Cette grâce met fin immédiatement à sa détention." Sa fin de peine était fixée au 2 juillet 2018. Une de ses avocates, Maître Nathalie Tomasini, s'est dite "terrassée par la joie et l'émotion." "J'en pleure, c'est merveilleux", a réagi Carole Marot, l'une des filles de Jacqueline Sauvage.

Une grâce accordée après avis du ministre de la Justice

L'Élysée a précisé que le chef de l'État avait accordé sa grâce "après avis du ministre de la Justice", saisi le 9 décembre après le rejet en appel de la demande de libération conditionnelle de Jacqueline Sauvage. Dans une lettre adressée une semaine plus tôt au président, les trois filles de Jacqueline Sauvage se disaient "désespérées" de ne pas avoir leur mère près d'elles, "inquiètes pour son état de santé" et "craignant pour sa vie". Elles disaient aussi ne plus savoir "comment intervenir face à toutes ces interminables procédures qui n'aboutissent pas".

Un symbole des victimes de violences conjugales

Un comité de soutien présidé par la comédienne Éva Darlan avait parallèlement exhorté "solennellement" le président Hollande de la "libérer, en lui accordant la grâce totale et immédiate". Devenue un symbole des victimes de violences conjugales, Jacqueline Sauvage avait obtenu le 31 janvier, après une forte mobilisation, une grâce partielle du président Hollande, notamment de la période de sûreté, lui permettant ainsi de présenter immédiatement une demande de libération conditionnelle. Cette demande avait été rejetée en première instance, puis en appel. La cour d'appel de Paris avait notamment estimé que la réflexion de Jacqueline Sauvage demeurait "pauvre et limitée puisqu'elle pein(ait) encore" à accéder à un "authentique sentiment de culpabilité". Le 2 décembre dernier, ses filles ont déposé une demande de grâce totale auprès de l'Elysée.

En octobre 2014, comme en appel en décembre 2015, Jacqueline Sauvage avait été condamnée à dix ans de réclusion criminelle. Ses trois filles avaient témoigné à charge contre leur père, expliquant avoir été violées et battues, comme l'avait été leur mère. Après le rejet de sa demande de libération conditionnelle, ses avocates avaient indiqué que Jacqueline Sauvage et sa famille renonçaient à se pourvoir en cassation.