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Faits divers – Justice

François Saint-Bris devant le tribunal pour avoir fait des travaux au Clos Lucé sans autorisation préalable

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Par , France Bleu Touraine

Du 5 mai 2015 au 20 mai 2016, François Saint-Bris, avec Arnaud de Saint-Jouan, l'architecte des monuments historiques, a fait faire sans autorisation préalable de la DRAC d'importants travaux dans trois pièces majeures du Clos Lucé, là où a vécu Léonard De Vinci à la fin de sa vie.

Une plaque qui rappelle le classement du château du Clos Lucé
Une plaque qui rappelle le classement du château du Clos Lucé © Maxppp - Marc Ollivier

Indre-et-Loire, France

François Saint-Bris, le directeur du Clos Lucé, entendu comme prévenu à la barre d'un tribunal. L'image est inédite. On l'a vue pourtant ce vendredi 25 octobre au tribunal correctionnel de Tours. François Saint-Bris et Arnaud De Saint-Jouan, ancien architecte en chef des monuments historiques, sont tous les deux poursuivis pour avoir effectué d'importants travaux au Clos Lucé sans autorisation préalable de la DRAC.

Ces travaux étaient nécessaires, c'était une question d'urgence - François Saint-Bris

De mai 2015 à mai 2016, des boiseries ont été détruites, des fenêtres ont été bouchées, des sols décapés, des plafonds refaits et une cheminée a été déplacée. C'est le conservateur en chef des monuments historiques qui a porté plainte en 2017,un an après les travaux. Au procès, François Saint-Bris et Arnaud de Saint-Jouan ont reconnu leur erreur et plaidé la bonne foi. Leurs avocats ont plaidé la dispense de peine. Le procureur, lui, s'est demandé comment deux hommes aussi expérimentés ont pu ne pas respecter les règles des monuments historiques.

"J'ai fait ces travaux parce qu'ils étaient nécessaires, madame le juge, c'était une question d'urgence". Ce sont les premiers mots prononcés par François Saint-Bris pour sa défense. Il ajoute "j'étais totalement de bonne foi". De fait, les poutres et les solives des plafonds ont été décapées ou refaites car elles devenaient dangereuses pour les visiteurs mais François Saint-Bris a bien du mal à justifier les autres travaux. Trois pièces ont été largement modifiées: l'atelier, le cabinet scientifique et la bibliothèque de Léonard de Vinci. On a bouché des fenêtres, amené une nouvelle cheminée, et détruit des lambris. Que des décors classés qui étaient du XVIIIe et du XIXe siècle.

Le respect de l'intégrité d'un monument historique est un devoir - Le procureur de la République 

Aujourd'hui, les trois pièces ressemblent à des logis Renaissance comme à l'époque du génie italien ce qui leur redonne certainement de l'attrait auprès des touristes mais qui ne convient pas du tout au conservateur en chef des monuments historiques. L'architecte, lui aussi poursuivi, admet qu'il ne s'agit pas de travaux d'entretien, reconnait son erreur, et dit qu'il aurait dû demander l'autorisation préalable.

"Le respect de l'intégrité d'un monument historique est un devoir" déclare le procureur "et ce n'est pas au propriétaire de décider ce qu'il a ou non le droit de faire dans ce monument". "Mais pourquoi avez-vous fait ces travaux ?"demande le procureur. François Saint-Bris évoque des travaux d'urgence pour la sécurité des visiteurs. Arnaud De Saint-Jouan reconnait l'erreur de procédure. Leurs avocats plaident le fait que ces travaux ont permis des découvertes archéologiques. 

Pour le procureur, François Saint-Bris a peut-être voulu redonner aux lieux de vie de Léonard de Vinci un décor Renaissance avant le 500e anniversaire, et là, il fallait faire vite. Cela pourrait leur coûter à chacun 3.750 euros d'amende, la peine requise par le procureur. 18.750 euros ont également été requis à l'encontre de la société qui exploite le site du Clos Lucé à Amboise. Le jugement du tribunal a été mis en délibéré au 20 décembre 2019.

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