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Frappée, humiliée, privée d'eau : le calvaire de Mila, deux ans, devant les assises des Pyrénées-Orientales

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Par , France Bleu Roussillon, France Bleu

La cour d'assises des Pyrénées-Orientales se penche depuis vendredi sur la mort violente d'une fillette de deux ans en 2016, à Trouillas près de Perpignan. Accusée de violences, sa belle-mère encourt 30 ans de réclusion criminelle.

Le palais de justice de Perpignan.
Le palais de justice de Perpignan. © Radio France - Marie Roarch

La vie de Mila s'est arrêtée en août 2016 alors qu'elle n'avait que deux ans. La fillette est décédée au bloc opératoire du centre hospitalier de Perpignan, alors qu'elle était dans le coma et souffrait d'un violent traumatisme crânien. Depuis vendredi, son ancienne belle-mère comparait devant la cour d'assises des Pyrénées-Orientales pour "violences répétées ayant entraîné la mort sans l'intention de la donner" : c'est elle qui avait la charge de la fillette au moment des faits, suite à l'incarcération de son compagnon.

Depuis cinq ans, elle clame son innocence, affirmant que l'enfant est tombée dans la douche. Mais sa version a volé en éclats ce lundi, au deuxième jour du procès. 

Selon le médecin-légiste qui a procédé à l'autopsie, Mila est décédée des suites d'un œdème cérébral et d'une importante hémorragie interne, provoquée par de violentes secousses "d'avant en arrière" : ce que l'on appelle communément le syndrome du bébé secoué. L'expert rapporte également que le corps de la fillette était constellé de traces de coups : il a dénombré une cinquantaine d'ecchymoses sur le visage, le crâne, le dos, les jambes et les bras. La quasi-totalité datait de moins de 48 heures avant le décès. 

Insultes et humiliations

À la cheville, une autre trace peut laisser penser que l'enfant a été attachée dans son lit. Elle y passait des heures entières, car "elle était punie en permanence", raconte une voisine, seule personne - avec les services sociaux - à être entrée régulièrement à l'intérieur du logement.

À la barre, elle décrit une enfant "triste" et "craintive" au contact de sa belle-mère : elle encaissait "à longueur de temps des insultes et des grossièretés". Pire, l'enfant aurait été rationnée en eau : "Elle n'avait quasiment jamais le droit de boire". 

Est-ce la raison pour laquelle la fillette avait tant de mal à s'alimenter ? Selon plusieurs témoignages, l'accusée tentait alors de la gaver de force, en lui pinçant les joues. Et si la fillette refusait de finir son souper, il lui était resservi au petit-déjeuner. 

Coupée du monde

Au moment des faits, cette fillette de deux ans vivait dans une maison qui n'était pas la sienne, avec une femme qui n'était pas sa mère, et quatre autres enfants qui n'étaient pas ses frères et sœurs. Cette femme - l'accusée -, avait débarqué dans les Pyrénées-Orientales quelques mois plus tôt, aussi bien pour fuir les services sociaux que "ses ex-conjoints violents". Et dès le lendemain de son arrivée, elle s'était mis en couple avec le père de Milla, dont elle avait fait connaissance sur un site de rencontre. 

Rapidement, l'accusée a demandé à ses quatre enfants d'appeler son nouveau compagnon "papa", sans se préoccuper de ce que pouvait en penser la petite Mila, qui du jour au lendemain, a dû partager son père avec quatre autres enfants. Et lorsque ce père a été incarcéré pour une infraction routière, la fillette est restée sous la garde de cette femme.

"À partir de ce moment-là, Mila s'est mise à dépérir", explique Maitre Corine Serfati, l'une des avocates des parties civiles, "elle ne mangeait plus, elle a perdu deux kilos en deux mois".  "Non seulement, la fillette a subi de multiples violences dans les semaines qui ont précédé son décès, mais aussi des humiliations et des privations", ajoute Maitre Céline Florentin, qui défend les intérêts des grands-parents paternels. Plusieurs membres de la famille racontent que Mila a été "coupée" d'eux par cette femme qui l'obligeait à l'appeler "maman". 

Impuissance des services sociaux

"Incapable de s'occuper d'enfants", selon une experte psychologue, l'accusée avait fait l'objet de 14 signalements auprès des services sociaux et la justice avait prononcé de multiples mesures d'assistance éducative. Le matin-même du drame, des enquêteurs sociaux étaient venus toquer à la porte de son domicile de Trouillas. Elle ne leur avait pas ouvert la porte. 

Totalement impassible depuis le début de l'audience, l'accusée n'a pris la parole qu'une seule fois. Dans un long monologue de 45 minutes, elle n'a fait que parler d'elle et s'apitoyer sur son sort ; c'est à peine si elle a prononcé le nom de la fillette...

Les experts la décrivent comme "totalement autocentrée" et "immature" : "une mauvaise mère", "dangereuse", et "qui manifeste plus de sentiments pour ses quatre chiens que pour ses enfants". Toute son énergie, elle semble l'avoir mise à fuir les services sociaux, qui pendant 10 ans, ont tenté d'intervenir pour éviter un drame... et qui n'y sont pas parvenus.

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