Faits divers – Justice

Fuite de documents à la DCNS : une cellule de crise mise en place

Par Katia Lautrou, France Bleu Cotentin mercredi 24 août 2016 à 18:09

Le sous-marin Sorpène
Le sous-marin Sorpène © Maxppp - DIVYAKANT SOLANKI

DCNS et l'Agence Nationale de Sécurité des Systèmes d'Information réunies en cellule de crise. Objectif enquêter sur la fuite de 22 400 pages de documents classifiés sur le modèle de sous-marin Scorpène conçu par le groupe cherbourgeois.

L'Agence Nationale de Sécurité des Systèmes d'Information assure un service de veille, de détection, d’alerte et de réaction aux attaques informatiques, notamment sur les réseaux de l'État. Elle travaille en ce moment en cellule de crise avec DCNS pour tenter de comprendre comment des documents confidentiels ont pu fuiter. L'information a été dévoilée dans The Australian, un journal  qui a pu consulter ces données. Cette fuite pourrait avoir de graves répercussions. Le premier ministre australien considère cette fuite d'informations comme préoccupante. Mais selon lui les sous marins concernés par le contrat du siècle sont totalement différent des SCORPENE. En tout cas à Cherbourg on sent que le sujet est pour le moins sensible.

Des salariés étonnés

A midi à la sortie du site cherbourgeois rares étaient les salariés qui acceptaient de s'exprimer : "_pas de commentaires, on a pas d'infos, il faut attendre, ce qui est étonnant c'est que la direction l'ai appris par un journal australien..."_Au final beaucoup de salariés se posent aujourd'hui des questions.

La direction veut s'en tenir à l'enquête

La direction de son côté dit l'affaire sensible mais préfère attendre les résultats de l'enquête. Emmanuel Gaudez chargé des relations presse à DCNS Paris "nous on a pris connaissances de ce qui s'est passé par la presse australienne. Les investigations menées vont nous permettre de déterminer ce qui s'est passé. Il faut savoir quel niveau de sensibilité se cache derrière. Il faut déterminer les responsabilités. DCNS est un grand groupe et on ne peut pas se permettre de perdre des documents" En tout cas en Inde, où 6 sous-marins Scorpène doivent être mis en service dans les prochaines années, l'affaire est prise très au sérieux.

Rester prudent

Si du côté des syndicats on n'est pas franchement étonné de cette affaire aujourd'hui on dit aussi attendre les résultats de l'enquête pour savoir de quels sortes de documents il s'agit.

Du côté des salariés personne ne veut prendre le risque de s'exprimer trop d'enjeu. Un contrat avec l'Inde, l'Australie, du travail et des emplois à la clé pour les prochaines années. Des salariés inquiets et étonnés qui interrogés répètent inlassablement pour certains que ça ne devrait pas arriver. Oui mais voilà c'est arrivé du coup la direction elle s'en remet à l'enquête. Aujourd'hui de grands groupes industriels en arrivent même à détruire systématiquement toutes données techniques une fois la commande livrée.

Contactée la député de Cherbourg Geneviève Gosselin-Fleury en charge de la défense nationale et des forces armées à l'assemblée nationale n'a pas souhaité s'exprimer, attendant elle aussi les résultats de l'enquête. La prudence reste de mise car il pourrait s'agir aussi dans les hypothèses d'un concurrent malveillant voulant discréditer l'entreprise en pleine négociations encore avec l'Australie.

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